Événements 2026 - 06 octobre 2026
Entrevue Steeve Diamond - 05 octobre 2026

Steeve Diamond : une voix, mille visages et toujours l’envie de surprendre
On ne voit pas Steeve Diamond aussi souvent qu’avant sur nos écrans, mais l’artiste n’a certainement pas chômé pour autant! Chanteur, Imitateur, humoriste et producteur, celui qui s’est fait connaître par ses nombreuses voix et son talent pour nous faire voyager d’un artiste à l’autre a vécu une carrière pour le moins étonnante.
Après avoir sillonné le Québec, le Canada, les États-Unis et l’Europe, Steeve s’est même retiré pendant quelques années de la scène québécoise pour aller explorer d’autres avenues. C’est finalement en Europe qu’une nouvelle aventure allait commencer, une aventure qui allait durer cinq ans.
Aujourd’hui, il revient avec de nouveaux projets et surtout avec cette envie de créer des spectacles différents, où les grandes voix se rencontrent… parfois même celles qui n’ont jamais eu la chance de chanter ensemble!
J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec lui par téléphone pour prendre de ses nouvelles et parler de son parcours, de ses projets et de ce qui l’habite encore après toutes ces années.
Steeve, tu as terminé la tournée de ton dernier one-man-show en 2007. Qu’est-ce qui t’a donné envie de prendre un autre chemin à ce moment-là?
À cette époque-là, je voulais me renouveler. Je me suis retiré de la scène québécoise et je suis allé dans le corporatif. Je travaillais au Canada anglais et aux États-Unis.
C’était l’époque où les vieux bands revenaient à la mode : Scorpions, Van Halen, Aerosmith… J’avais donc ressorti toutes ces imitations-là et j’ai fait un sacré bout avec ça dans mes spectacles. Les gens voulaient entendre les vieux bands qui revenaient.
Et c’est finalement l’Europe qui t’a offert une nouvelle aventure?
Oui. En 2012, Sylvain Parent-Bédard m’a parlé de trois imitateurs qui travaillaient en Europe, dont un Belge, un Francais et un Suisse, qui voulaient avoir un imitateur québécois avec eux.
Et comme j’imitais notamment Pavarotti et Bocelli, ça les intéressait beaucoup.
Je leur ai dit : « Je vais aller faire un spectacle avec vous autres et voir si on s’accorde bien. »
Cette grande histoire-là a finalement duré cinq ans! J’ai parcouru la Suisse, la Belgique et la France, surtout le sud de la France et la Bretagne.
Et maintenant comment le public européen réagit-il à tes spectacles?
C’est drôle parce que là-bas, j’ai la chance d’imiter Bocelli et Pavarotti. Il y a beaucoup de spectateurs qui viennent me voir après le spectacle et qui me disent : « Ah! Tu m’as fait chialer! »
Mais pour eux, « chialer », ça veut dire pleurer! Alors oui, il y a vraiment un grand intérêt pour mes spectacles là-bas. C’est pour ça que certains producteurs veulent m’avoir chez eux!
Après cinq années en Europe, tu es revenu au Québec en 2018. Tu avais déjà en tête un nouveau spectacle?
Oui. En 2018, je travaillais sur un nouveau one-man-show que je voulais présenter. Et puis la pandémie est arrivée, alors on a tout mis ça de côté.
Dans la vraie vie, je suis aussi professeur d’anglais. Je suis donc retourné enseigner.
Et c’est pendant la pandémie qu’une nouvelle idée allait finalement voir le jour…
Comment est née l’idée de Bocelli & Friends?
Durant la pandémie, j’ai animé des spectacles romantiques pour les Hôtels JARO. Les gens pouvaient les regarder dans leur chambre, sur leur écran de télévision.
C’est là que j’ai eu l’idée de Bocelli & Friends, qui a connu un succès incroyable.
Par la suite, il y a eu Bocelli & Friends 2 avec Sylvie Fortin, qui est une chanteuse incroyable. Elle chante et elle imite. Ça a aussi été un très gros succès.
D’ailleurs, comment Sylvie est-elle arrivée dans ton aventure?
J’ai appelé mon professeur de chant, un Italien qui habite à Trois-Rivières et qui possède un petit bistro. Je lui ai dit que je cherchais une chanteuse et il m’a répondu : « Viens voir cette fille-là. Elle s’appelle Sylvie Fortin et je te dis qu’elle chante vraiment bien. »
Quand je suis arrivé là, j’ai fait : « Wow! »
Après le spectacle, je suis allé la voir et je lui ai dit : « T’as fini de chanter dans les bars, tu t’en viens avec moi! »
Depuis 2020, on est tous les deux sur scène. Et oui, je la garde avec moi pour mon prochain spectacle!
Et tu ne comptes pas t’arrêter là!
Non! Je suis présentement en train d’écrire la suite. Le prochain spectacle va s’appeler Diva et Maestro.
C’est un peu la suite de Bocelli & Friends, mais les artistes qu’on va retrouver seront différents. Sylvie va notamment imiter Édith Piaf, Dalida et Barbra Streisand. Moi, je vais évidemment faire Bocelli, Sinatra…
On est vraiment en train de monter quelque chose qui sort de l’ordinaire. On imagine même Bocelli chanter avec Freddie Mercury!
Et tu as aussi un autre projet qui t’amène du côté des États-Unis avec Martin Dubé?
Oui. J’ai un spectacle que j’ai écrit avec Martin Dubé. Martin a communiqué avec moi pour faire un spectacle qui sera présenté au Québec, mais surtout aux États-Unis.
Ça fonctionne beaucoup aux États-Unis. On s’en va d’ailleurs en Iowa à la fin octobre et on va faire beaucoup de spectacles là-bas avec ce projet.
C’est un gros, gros show. Il y a beaucoup de performance vocale, mais c’est très différent de Bocelli & Friends. Ça n’a rien à voir.
Et Bocelli & Friends 2, que vous présenterez au Palais Montcalm le 18 octobre, est justement un spectacle qui semble aller bien au-delà de la simple imitation?
Absolument. C’est vraiment un spectacle d’émotions.
On fait chanter Bocelli avec Isabelle Boulay et plusieurs autres grandes voix. Moi, j’aime ça mélanger les styles et imaginer des rencontres qui n’auraient jamais pu avoir lieu autrement.
Mais j’imagine qu’on retrouve aussi la petite touche d’humour à laquelle ton public est habitué?
Oui, il y a toujours une touche d’humour. Il y a certains artistes qu’on ne peut pas laisser de côté, dont Ginette Reno et Yvon Deschamps.
Après toutes ces années et toutes les voix que tu as interprétées, y en a-t-il une que tu préfères particulièrement?
Assurément, Bocelli.
Après plus de 30 ans de carrière, pensais-tu que ton parcours serait aussi long?
Moi, je n’aime pas être seul sur scène. J’aime les concerts et partager la scène avec d’autres artistes. C’est d’ailleurs pour ça qu’à l’époque, j’avais pensé aux 3 Ténors de l’humour. On a fait 350 représentations! Et cette envie de partager la scène est toujours là aujourd’hui.
Pour ceux qui pourraient penser que Steeve Diamond a ralenti ou que sa carrière est derrière lui, détrompez-vous! Il n’a jamais autant travaillé.
Ses spectacles combinent l’amour, l’émotion et les performances vocales, et il continue de créer des rencontres musicales qui sortent de l’ordinaire.
Bocelli & Friends 2 : De Céline à Bocelli est présenté le 18 octobre à 15 h au Palais Montcalm. Il reste seulement quelques billets.
Pour connaître toutes les dates de spectacles au Québec, en Europe et aux États-Unis visitez www.stevediamond.com
Lyne LaRoche
JF Otis - 05 octobre 2026

JF Otis : une rock star du rire est née!
Ce soir, la Salle Albert-Rousseau était pleine d’une belle fébrilité pour accueillir la première du tout premier one-man-show de JF Otis, Avec plaisir. Et dès les premières secondes, on pouvait sentir que le public avait bien hâte de découvrir son univers.
JF Otis a fait son entrée sous une véritable ovation, accueilli avec énormément d’enthousiasme par une salle qui était clairement prête à rire!
Et je dois vous dire que je comprends pourquoi!
JF Otis nous entraîne rapidement dans son univers avec des anecdotes aussi personnelles que savoureuses. Il nous parle notamment de ses pierres aux reins, des sites de rencontres, des bidets, d’un voyage au Mexique avec sa grand-mère, et de plusieurs autres situations pour le moins particulières!
Mais ce qui m’a particulièrement frappée chez JF Otis, c’est sa façon de raconter.
Parce qu’il ne fait pas que nous raconter ses histoires… il nous les fait voir!


Pendant qu’il nous raconte ses anecdotes, on arrive facilement à imaginer les scènes dans notre tête. On voit les personnages, les situations, les réactions… et c’est là que l’on réalise à quel point JF Otis possède un véritable talent de raconteur.
Il a ce don de prendre une situation parfois banale et de la transformer en histoire qui nous accroche jusqu’à la chute. Son naturel, ses expressions et sa façon de nous amener tranquillement vers le punch font vraiment la différence.
Et je vais même oser une comparaison : JF Otis est de la trempe de Michel Barrette et de Jean-Marc Parent, mais dans une nouvelle génération. Comme eux, il possède cette capacité de nous embarquer dans ses histoires au point où on a presque l’impression d’être assis à côté de lui pendant que tout se déroule.
Pour un premier one-man-show, JF Otis peut certainement être fier de son Avec plaisir. Il nous fait rire, il nous surprend et surtout, il nous donne envie de continuer à l’écouter raconter ses aventures.
Et quand un humoriste réussit à nous faire voir ses histoires dans notre tête, c’est qu’il possède quelque chose de précieux : le talent d’un véritable raconteur.
Deux belles premières parties
Avant de découvrir JF Otis, le public a également eu droit à deux premières parties.

Mat Lévesque a ouvert la soirée avec son énergie et son univers, une belle façon de mettre la salle dans l’ambiance et de lancer la soirée sur une bonne note.

Puis Dave Gaudet a pris le relais avec son expérience et sa personnalité, poursuivant le travail et gardant le public bien prêt pour l’arrivée de JF Otis.
Deux humoristes qui ont chacun apporté leur couleur à cette soirée et qui ont contribué à bien préparer le terrain pour le spectacle principal.
Mais ce soir, c’était surtout la grande première de JF Otis… et une chose est certaine : Avec plaisir, le public de Québec a découvert un humoriste qui a beaucoup à raconter.
Et moi, comme tout le monde, j’ai passé une très belle soirée! Un show à voir assurément!
Pour connaître toutes les dates de sa tournée
Lyne LaRoche
Entrevue François Léveillee - 03 octobre 2026
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François Léveillée se lance dans le roman avec La loi de Saint-Égaré
J’ai eu le plaisir de rencontrer François Léveillée à la Brûlerie de Limoilou pour parler de son tout premier roman, La loi de Saint-Égaré, qu’il a mis cinq ans à écrire.
Après une longue carrière comme chanteur, humoriste et comédien, François se lance maintenant dans le roman policier… et quelle belle surprise!
Une idée née d’une conversation
L’idée du roman est née en partie d’une conversation avec Jacques Michel, alors qu’ils partageaient une loge à la Chapelle de Vanier. Jacques Michel lui racontait qu’après avoir habité 25 ans dans le même village, quelqu’un lui avait dit lors d’une réunion municipale : « Toi, t’as pas un mot à dire, tu viens pas d’ici. »
Cette phrase a fait réfléchir François et lui a donné l’idée de cette petite communauté où, même après 25 ans, certains peuvent encore vous considérer comme un étranger.
Synopsis
Dans Saint-Égaré-des-Pas-Perdus, tout commence avec un accident de tracteur qui n’en est peut-être pas un. L’enquêteur Lacasse découvre rapidement que plusieurs personnes pourraient avoir un intérêt à faire disparaître la victime. Secrets, magouilles, vieilles rancunes et hypocrisie sont au rendez-vous!
Et François a eu énormément de plaisir à écrire les dialogues. Son humour est bien présent, mais sans jamais prendre le dessus sur l’intrigue.
Une inspiration venue de son enfance
Ses parents avaient une maison de campagne à Saint-Étienne-de-Lauzon. Lorsqu’il était jeune, François se souvient que la messe du dimanche était presque le rendez-vous officiel pour connaître les nouvelles du village.
Sur le perron de l’église, tout le monde racontait ce qui s’était passé durant la semaine.
Dans son roman, le resto chez Loulou joue un peu ce rôle, avec Loulou comme«rapporteuse officielle»!
Des anecdotes de ses débuts de carriere
François m’a raconté qu’au début de sa carrière, il voulait emprunter 1 000 $ pour s’acheter une voiture. Il se présente à la Caisse populaire de Saint-Sacrement, mais on refuse de lui prêter l’argent parce qu’il est chanteur.
On lui explique même qu’on pourrait prêter 1 000 $ à Madame Blancheville, qui faisait de la publicité pour Spic and Span et avait un contrat à long terme… mais pas à un chanteur!
Quelques mois plus tard, un journaliste lui consacre deux pages complètes dans le journal de l’époque L’Action Catholique.
François retourne à la Caisse avec son article sous le bras.
Un autre agent le reconnaît : « Ah oui, je vous ai vu dans le journal en fin de semaine! »
Et cette fois… le fameux 1 000 $ lui est accordé!
Une anecdote qui démontre bien comment le regard des gens peut changer rapidement.
Et Jean Leloup… le hasard fait bien les choses!
Le jour même où j’ai fait mon entrevue avec François, quelques minutes avant celui-ci était à Sainte-Foy pour faire des entrevues. Il s’est arrêté dans un petit resto et, à la table juste à côté, se trouvait Jean Leloup.
Ça lui a rappelé une histoire assez savoureuse.
À l’époque, François avait mis ses guitares en consignation sur la rue Saint-Jean, et c’est Jean Leloup qui l avait acheté.
François lui a demandé s’il a encore sa Gibson
Jean Leloup lu ai demande comment il sait ça.
François lui répond : « C’est moi qui te l’ai vendue! »
Quel drôle de hasard de les voir se retrouver côte à côte le jour même de notre entrevue!
Et Yvon Deschamps…
François considère Yvon Deschamps comme un grand, depuis ses débuts et encore aujourd’hui. Au fil des années, ils sont devenus amis.
Et pour les 90 ans d’Yvon, celui-ci a invité 90 de ses amis pour célébrer son anniversaire.
François faisait partie des invités.
Un immense privilège dont il est très fier.
François est loin d’avoir terminé!
Il m’a aussi parlé de son expérience dans la comédie musicale Waitress. C’était une première pour lu une comédie musicalei. Il a trouvé ça vraiment difficile et exigeant, mais il a trippé sa vie et considère cette expérience comme extrêmement enrichissante.
Puis il y a eu STAT. Il avait été appelé pour normalement faire un seul épisode dans le rôle du bougonneux M. Poirier.
Finalement, on l’a rappelé… et il a eu quatre épisodes supplémentaires. Encore une fois, il a adoré son expérience!
Et ce n’est pas fini!
François travaille déjà sur la suite de La loi de Saint- Egaré qu’il aimerait écrire en environ deux ans.
Il poursuit également ses mémoires en trois tomes, dont le premier est presque terminé et devrait être publié prochainement.
J'ai eu le privilège d'en apprendre plus sur ses débuts de carrière, de son enfance car il perdu son père à l'âge de 4 ans. Il m'avoue même qu'il a cherché une figure paternelle toute sa vie. Il m'a aussi raconté pleins d'anecdotes que vous allez adorer tout comme moi. Avec François, j'ai ri mais j'ai aussi eu la larme à l'oeil.
Même s’il parle de retraite, François est loin d’avoir terminé! Il me dit être heureux, bien dans sa vie, et ça se sent.
Et moi, je peux vous dire une chose : j’ai lu La loi de Saint-Égaré et j’ai vraiment aimé!
C’est facile à lire, les chapitres sont courts, l’histoire avance bien et on a envie de savoir ce qui va arriver. J’ai particulièrement aimé suivre l’enquêteur Lacasse.
J’ai donc très hâte de lire la suite et j’espère que Lacasse sera encore au rendez-vous!
Et, je me permet de vous dire que ça ferait une excellente série télévisée.
La loi de Saint-Égaré est disponible sur Amazon.
François sera à la Librairie La Liberté le 7 octobre, de 17 h à 19 h, pour une séance de dédicaces. Allez le rencontrer,
Vous pouvez aussi suivre François sur sa page Facebook François Léveillée.
Merci François pour cette belle rencontre et cette belle discussion! Et surtout… continue de nous surprendre!
Merci à Julie d'avoir immortalisé cette belle rencontre. En 2014 et 2026
Lyne LaRoche


Entrevue Philippe Laprise - 01 octobre 2026

Philippe Laprise atteint un nouveau sommet : « À 50 ans, je sais davantage ce que je veux »
Pour son cinquième one-man-show, Au sommet, Philippe Laprise célèbre 25 ans de carrière avec un spectacle plus personnel, plus assumé et rempli de surprises. À quelques jours de sa première à Québec, l’humoriste nous ouvre la porte sur son univers, son parcours et cette nouvelle liberté qu’il savoure maintenant qu’il a 50 ans.
J’ai eu le plaisir de le retrouver pour une bonne jasette et visiblement, nous avions beaucoup de choses à nous raconter!
Cinquième one-man-show, 50 ans, 25 ans de carrière et 25 ans avec sa blonde… On s’est donc amusés à constater que le chiffre 5 pourrait bien être son chiffre chanceux, comme notre Céline!
Mais derrière les chiffres se cache surtout un Philippe Laprise qui semble avoir franchi un véritable sommet personnel.
« Ce show-là, c’est comme la fête », me dit Philippe lorsqu’il parle d’Au sommet.
Après des années à travailler à 200 milles à l’heure, il a pris un peu de recul pour regarder tout ce qu’il a accompli.
Pour écrire ce cinquième spectacle, Philippe a adopté une approche assez particulière : il s’est imaginé qu’il s’agissait de son dernier.
« Mais ce n’est pas mon dernier », me dit-il en riant!
« Je me suis demandé qu’est-ce que je veux vraiment dire au monde? De quoi je veux vraiment parler? Quelles sont les affaires que je n’ai jamais faites? C’est quoi que je hais le plus? »
Cette réflexion lui a permis d’aller dans des endroits qu’il n’avait jamais osé explorer auparavant.
« Les gens qui sont habitués de me suivre, qui me connaissent, vont me retrouver, c’est certain. Mais ils vont s’apercevoir que j’ose aller à des places que je n’osais pas pantoute avant. »
À 50 ans, Philippe ose davantage
L’âge apporte aussi une certaine liberté.
Il a longtemps été associé à Vrak la vie, alors qu’il était encore un jeune humoriste. À cette époque, il ne pouvait évidemment pas aborder certains sujets de la même façon.
Aujourd’hui, le public qui le suivait à cette époque a grandi. À 50 ans, Philippe assume davantage ses choix et veut faire ce dont il a envie.
Il raconte d’ailleurs un numéro qu’il introduit sur scène en disant essentiellement au public : « Je ne suis jamais allé là, mais à soir, j’y vais. Bonne chance à tous! »
La première fois qu’il l’a présenté, il était très nerveux. Puis la réaction du public l’a rassuré.
« Je me suis rendu compte que ça passait bien, puis je me suis dit : j’aurais dû faire ça avant! »
Quand les petites frustrations du quotidien deviennent de l’humour
Mais s’il y a une chose que Philippe ne veut surtout pas dévoiler, c’est le dernier numéro du spectacle.
Et celui-là a une histoire particulière.
« Le dernier numéro de ce show-là, c’est un numéro que j’avais écrit en 2016 et que je n’ai jamais fait. Il traînait depuis longtemps. »
Il s’était retenu de le présenter, notamment en raison de son travail auprès du jeune public. Aujourd’hui, il a décidé de le sortir.
Et ce numéro dure… 30 minutes!
« Je parle d’une frustration que j’ai, qui surprend. Et honnêtement, je pense sérieusement que quand les gens vont se souvenir de moi dans leur vie, ça va être avec ce numéro-là. »
Et il a tellement hâte de le faire qu’il pense déjà à ce moment pendant le spectacle.
« Je sais que j’ai 58 minutes à faire, puis qu’après ça, ça va être ce numéro-là. Fait que là, j’ai hâte d’arriver pour le livrer. »
Je vais donc me garder une petite gêne et surtout ne pas vous dévoiler le sujet. Parce que Philippe veut que le public découvre lui-même ce fameux numéro!
Sa participation à Sortez-moi d’ici! a également joué un rôle important dans cette nouvelle façon de voir la vie.
En plus de le sortir de sa zone de confort, il n’a plus peur des hauteurs. Mais ce n’est pas seulement cette peur qu’il a laissée derrière lui.
« Des fois, on est encrassé dans ce qu’on vit, dans ce qu’on a, dans nos patterns. Sortez-moi d’ici!, ça a été se casser en dedans et se briser en dedans. »
Après cette expérience, il a changé ses habitudes pour créer autrement. Cette volonté de sortir de sa zone de confort s’est également manifestée dans la création du spectacle.
Philippe travaille notamment avec Guillaume Lonergan, réalisateur de la série Empathie, qu’il connaissait depuis l’époque de Vrak la vie.
« Je suis allé le chercher. Il n’avait jamais fait de la scène, mais j’avais le goût d’aller le chercher justement pour voir c’est quoi sa vision, complètement différente. » Une collaboration qui lui a permis de « scraper » certaines de ses habitudes.
Pour Philippe, l’objectif premier d’un spectacle d’humour demeure toutefois très simple : faire du bien.
« Lyne, il faut que tu comprennes que les gens ne vont pas réfléchir à mon show, ils vont s’amuser. »
Puis il me lance une phrase qui lui ressemble parfaitement :
« Il y a assez de malheurs dans le monde! Alors pas question de compliquer les choses. Le public vient décrocher, rire et passer un bon moment.»
Après avoir « rodé » son spectacle quatre-vingts fois, Philippe affirme qu’Au sommet est maintenant officiellement prêt. Le spectacle dure environ 1 h 28.
Et comme toujours lorsqu’un humoriste crée un nouveau spectacle, Philippe affirme qu’il l’aime encore plus que le précédent parce qu’il y a une belle évolution.
La grande première d’Au sommet aura lieu à Québec, à la salle Albert-Rousseau, le 13 octobre, avant un passage à Montréal le 27 octobre.
Philippe est particulièrement heureux de commencer sa tournée à Québec.
« Faire une première à Albert-Rousseau, c’est tellement une belle salle et le monde de Québec est tellement willing! »
Et il n’hésite pas à vanter la réputation du public québécois et de l’humour d’ici.
Il y a 25 ans, Philippe aurait-il imaginé que sa carrière durerait aussi longtemps?
Il savait qu’il voulait devenir humoriste, mais il ne pouvait évidemment pas prévoir tout ce qui allait suivre.
« J’ai été éducateur spécialisé, mais j’avais vraiment dans la tête que mon avenir, c’était d’être humoriste. Les dix premières années, j’avais deux jobs. Je travaillais comme un fou. »
Et lorsqu’il regarde le chemin parcouru, il a de quoi être fier. Puis il revient sur l’enfant qu’il était.
«Le petit cul du Saguenay–Lac-Saint-Jean de quatre ans qui avait un TDAH, je peux te dire qu’il ne savait pas où il s’en allait en tabarnouche »
Tout au long de notre conversation, une chose revient constamment : Philippe semble avoir atteint une nouvelle forme de liberté.
« Avec ce show-là, je me suis dit : je vais tout faire ce que j’ai envie de faire. Le lâcher-prise de la cinquantaine m’a emmené là. On dirait que je suis comme un nouvel homme. Avec l’âge, on apprend aussi à faire le ménage. Veux, veux pas, tu te poses la question : “J’ai-tu besoin de ça dans ma vie?” Non? Ben on tasse. »
Même après 25 ans de carrière, Philippe n’est pas complètement débarrassé du trac.
« Je suis nerveux cinq minutes avant. Pas juste à la première, mais à tous les shows, car c’est toujours un nouveau public. Puis les gens qui sont assis dans la salle, ils m’ont choisi. »
Une fois sur scène, cependant, il sait maintenant comment gérer cette nervosité.
Et la télé-réalité?
Après avoir vécu l’aventure de Sortez-moi d’ici!, je ne pouvais évidemment pas m’empêcher de lui demander s’il serait prêt à participer à une autre télé-réalité.
La réponse est oui… mais pas à n’importe laquelle.
Son expérience dans Sortez-moi d’ici! lui a cependant laissé quelque chose de précieux, la certitude qu’il peut repousser ses propres limites.
Avant de terminer notre jasette, je lui ai demandé pourquoi les gens devraient venir voir Au sommet.
Sa réponse est sans détour, comme lui.
« Je pense qu’ils devraient venir me voir parce qu’ils vont passer un criss de bon moment. Ils vont rire et ils vont se reconnaître. »
Une chose est certaine : Philippe Laprise est toujours aussi sympathique, généreux et authentique. Il se livre comme un livre ouvert et, avec Au sommet, il semble avoir décidé de ne plus se mettre beaucoup de limites.
Ce cinquième spectacle est à la fois une célébration de ses 25 ans de carrière, une réflexion sur le chemin parcouru et une occasion de rire de tout ce qui compose sa vie.
Et surtout, il y a ce fameux dernier numéro de 30 minutes dont Philippe parle avec tellement d’enthousiasme qu’on ne peut qu’avoir envie de découvrir ce qu’il nous réserve.
Alors, rendez-vous le 13 octobre à la salle Albert-Rousseau pour la première.
Pour connaître toutes les dates de la tournée :
Lyne LaRoche

Seul Ensemble Fiori - 01 octobre 2026

Le cirque Éloize-Seul ensemble
L’âme de Serge Fiori
Le décès de Serge Fiori survenu le 24 juin 2025 a provoqué un tsunami d’amour et de gratitude pour celui qui est dorénavant considéré comme un immortel de la musique et de la culture québécoise.
Pour rendre hommage à la musique de ce grand québécois, le Cirque Éloize crée en 2019 le spectacle Seul ensemble. Plus de 70 000 spectateurs ont vu la version originale avant qu’elle ne soit brusquement interrompue par la pandémie. Fiori avait émis le souhait que cet oeuvre soit à nouveau présentée. Ce jeudi, j’ai assisté à la version 2.0 de Seul ensemble au Théâtre Capitole.
Il suffit de se rappeler que les nouveaux arrangements des pièces que Serge Fiori lui-même avaient approuvés, avaient été confiées aux très talentueux Louis-Jean Cormier, Alex McMahon et Guillaume Chartrain.
La soirée débute dans le noir alors qu’on entend Aujourd’hui, je dis bonjour à la vie avant que le rideau se lève sur le premier tableau avec Vert alors que les artistes émergent d’une alcôve. Le second tableau nous proposera Comme un fou avec un athlète qui court et vol parmi les gens.




J’ai l’habitude de vous parler des moments forts d’un spectacle. Si c’était le cas avec Seul ensemble, je devrais vous parler des 19 tableaux du spectacle tellement il n’y a pas de moments creux.
Que ce soit en danse ou en acrobatie, chaque mouvement est pertinent et parfaitement jumelé à la musique de Fiori, nous procurant frissons et émerveillement.
La mise en scène de Benoit Landry est à la fois discrète et puissante. Les éclairages sont sublimes et nous projettent souvent dans les nuages. À quelques reprises, on voit le visage de Serge Fiori apparaitre sur écran comme s’il était spectateur de sa propre vie à partir de l’au-delà.
La qualité sonore est impeccable et fait honneur à la musique de Fiori et aux magnifiques arrangements du trio dirigé par Cormier.
Quelques enregistrements d’archives nous font entendre Fiori avec entre autres, l’anecdote où il nous raconte comment il est tombé en amour avec la guitare 12 cordes dans un magasin de musique. Il nous parle aussi des harmoniques jouées sur son balcon derrière des cris d’enfants en introduisant Aujourd’hui, je dis bonjour à la vie.
Le cirque Éloize réussi habilement à construire un amalgame entre les chorégraphies dansées et les numéros acrobatiques. De nouvelles séquences artistiques viendront enrichir la version 2.0 de Seul ensemble, notamment grâce à l’intégration de Kwe! le dernier projet musical de Fiori regroupant les 11 communautés autochtones du Québec.
Tous les numéros sont de très haut niveau mais celui de la planche coréenne, celui du duo de trapèze et de slackline suspendu par les cheveux sont très impressionnants.
La beauté poétique du numéro de roue Cyr, auquel s’ajoute les danseurs, est magnifique. Que dire du numéro d’équilibre main à main sur Chanson noire. En fait, tous les numéros sont beaux, touchants et parfaitement fignolés.
Depuis la présentation initiale, la disparition de Serge Fiori vient ajouter une couche d’émotion au spectacle. Une soirée incroyable où les artistes du Cirque Éloize, en osmose avec les danseurs et danseuses, performent dans une chorégraphie qui nous plonge en poésie dans l’âme de Serge Fiori.
Pour en savoir plus sur Seul ensemble ou sur les autres spectacles du Cirque Éloize, rendez-vous au https://cirque-eloize.com ou au https://cirque-eloize.com/creation/serge-fiori-seul-ensemble
Claude Gignac