Dumas - 30 janvier 2026

Dumas Piano, voix, diapos et bonheur

La première fois que j’ai eu le plaisir de voir Dumas, il était seul sur scène au Théâtre du Petit Champlain. Grâce à la magie de sa guitare et son grand talent pour l’échantillonnage, il était arrivé à construire ses chansons en direct pour nous offrir un spectacle mémorable. J’ai aussi eu le privilège de le voir accompagné d’un groupe complet.

Cette fois, c’est à la rencontre d’un Dumas sans guitare, n’ayant que comme seul bouclier un micro, que nous avions rendez-vous au Théâtre du Petit Champlain ce vendredi.

Dumas, Piano voix diapos nous plonge, dès la première pièce dans un nouvel univers avec Ailleurs, tiré de Cosmologie (piano-voix), son dernier album complet paru au printemps dernier. Sa voix est posée, basse, chaleureuse et intimement liée aux mots de l’auteur. Un nouveau son, un nouveau rythme qui incite à savourer le moment présent. Dans Arizona, Dumas intègrera quelques segments de Journée d’Amérique de Richard Séguin, qui, selon Dumas, lui aurait offert la machine à diapositives de la tournée. Mythe ou réalité ??? 

Le cours des jours, J’erre, Linoléum, Alors alors et À la dérive se succéderont.  Gabriel Godbout-Castonguay, qui l’accompagne au piano, n’a pas simplement réarrangé les chansons de Dumas, il les a mises en morceaux et les a magnifiquement reconstruites leur donnant un nouvel habit couleur émotion.

Dumas tient son micro de la main droite et flip les diapositives de l’autre main. Des diapositives achetées sur Kijiji. Des quelques 5000 achetées, il en a minutieusement incorporé plusieurs au spectacle. Des images qui, à prime abord ont l’air parfois loufoques, voire douteuses mais qui viennent habilement appuyer les textes pour leur donner une tout autre saveur.

Efficacement aidé par les diapositives et son projecteur qui perdait parfois le focus, Dumas interviendra beaucoup entre les chansons. Ses interventions son drôles et sympathiques. Il nous partagera son expérience de pompiste et son prix qui l’a conduit jusqu’au Festival de Granby. 

Si vous feuilleter les pages du Larousse, vous trouverez probablement Dumas, comme synonyme de réinventer. Dumas et Piano voix diapos nous amène vraiment Ailleurs. À travers ses 25 ans de carrière, on navigue entre les années 70, époque de plusieurs « diaposi-Steve » et la renaissance de ses pièces, nous déposant inévitablement dans le moment présent pour nous faire profiter de cette magnifique soirée. 

Une atmosphère minimaliste, un spectacle intime, drôle et touchant qui a ravi ses fans qui ne se sont pas laissés prier pour chanter avec lui à plusieurs reprises.

Lui qui s’est produit sur la scène du Théâtre du Petit Champlain pour la première fois en 1999, n’a pas manqué de souligner l’accueil et le professionnalisme du personnel de la salle de spectacle dont Raymond, le technicien qui est là depuis fort longtemps.  Il a aussi remercié son ami Louis-Philippe Hénault qui a eu l’idée de ce spectacle original et qui signe la mise en scène de cette magnifique soirée. 

Quelle soirée magnifiqueAvec ce spectacle, Dumas a su se réinventer et nous charmer... comme d'habitude!

En plus du spectacle de samedi affichant pratiquement complet, Dumas sera de retour dans la région, à l’Anglicane de Lévis de 14 avril prochain. Il reviendra en supplémentaire au Théâtre du Petit Champlain le 1er mai prochain. Vous en voulez encore ou vous ne voulez pas maquer Dumas une autre fois. Rendez-vous au https://www.dumasmusique.ca/

Claude Gignac




Les Boys - 19 janvier 2026

Les boys, une équipe tout étoile

On le sait, le hockey est le sport national des québécois. On le sait aussi, les brasseries sont, depuis longtemps, le repère des « sportifs ». Il y a déjà 25 ans, Richard Goudreau a eu l’idée de raconter une histoire mélangeant ces deux passions dans film au personnages drôles, attachants et sincères. Dans un scénario de Christian Fournier, il a mis au monde un club de hockey qui deviendra au Québec, aussi légendaire qu’un certain club vêtu en bleu, blanc et rouge.

Ce club, « reconstruit » par d’excellents choix au repêchage, reprend le scénario original adapté par Guillaume Corbeil pour nous faire rire, cette fois directement devant nous dans une mise en scène de Marc St-Martin. Une succursale de la Brasserie Chez Stan a été aménagée pour trois soirs sur la scène de la Salle Albert-Rousseau.

En lever de rideau, nous retrouvons Stan en grande discussion avec Méo à qui il doit 50 000$. Cette « négociation » nous donnera droit à la première d’une série de répliques devenues immortelles. « T’es chien, t’es chien ». Louis Champagne est savoureux dans son personnage de Méo le Shylock.

La première période a débuté plutôt timidement comme pour un club de hockey qui n’a pas joué depuis quelques jours. On redécouvre chacun des personnages sur un coin de la scène divisée en quatre plateaux disposés sur deux étages. Ces plateaux deviendront successivement le bureau de Stan, le garage de Mario, le salon de Fern, la brasserie Chez Stan avant de devenir les arénas L.Saia et R.Goudreau, nommées en l’honneur des deux concepteurs de l’histoire originale. Le décor est vraiment magnifique et nous transporte habilement d’une scène à l’autre. 

Bien que plusieurs savoureuses répliques ont fait réagir le public, qui avait rempli la salle Albert-Rousseau, la scène où Fern, magnifiquement campé par Denis Houle, annonce qu’il accroche ses jambières, est marquante. Pourtant, ça n’a pas empêché ses coéquipiers de déserter le vestiaire un à un à son insu.  

Le rythme lent de la première période est compensé par les scènes mythiques. La scène de cassage de bâtons par Julien (Nicolas Pinson), les jokes de machos de Boisvert (Didier Lucien), le speech de vente de Ti-Guy (Benoit Drouin-Germain) ou la scène de jalousie du copain d’un Jean-Charles habilement joué par Gabriel Sabourin.

Les boys sont sortis fort en deuxième partie. Ils évoluent sur une patinoire artificielle, reproduisant efficacement les scènes de hockey. À travers les répliques du film, quelques insertions contemporaines ont vu le jour quand, notamment, les joueurs font référence à Netflix ou quand on dit que Mario a joué sa game dans la game. 

Utiliser le texte original d’un film peut être risqué car l’effet de surprise est presqu’absent. Cependant, on ne pouvait esquiver des répliques comme le long laïus sur la dureté du mental. Un bijou que le public a chaudement applaudi, brillamment livré par David Savard dans l’uniforme de Bob.  Il en failli de peu pour avoir droit à un décrochage de Savard qui a su contenir son fou-rire. 

Dans mon livre à moé, le casting de Les Boys (le spectacle) est formé d’une équipe tout étoile. Emmanuel Bilodeau reprend discrètement le veston de Stan. Mikhail Ahooja porte efficacement la casquette de Mario. Thomas Derasp-Verge incarne un crédible Léopold, Marilou Morin reprend le rôle de la séduisante Sonia, la serveuse de la brasserie. Lauren Hartley, en remplacement de Marie-Pier Labrecque incarne Fannie, Lisette, Brigitte, Karine et un Marcel tout aussi hilarant que l’original.

Lorsque Fern fait une prière devant son but, son fantôme vient lui rendre visite, rendant hommage à l’illustre Paul Houde, disparu trop tôt. Un moment touchant.

Fort d’une grosse deuxième période, Les boys ont terminé la soirée en beauté pour gagner la partie au grand plaisir des amateurs. 

Dans mon livre à moé, à défaut de revoir les Nordiques, Les boys nous ont fait passer un bon moment et ont « scoré » un but gagnant.

Les boys sont installés à Ste-Foy pour un programme triple jusqu’au 20 janvier. Ils joueront des matchs partout en province cet hiver. Ils seront de retour à la Salle Albert-Rousseau pour un autre programme triple à compter du 3 mai prochain.

Pour plus d’informations, rendez-vous au https://lesboys.com

Claude Gignac




Northen Trails - 17 janvier 2026

Northern Trails, une belle façon de voyager vers Nashville… sans quitter Québec

Ce soir, la formation musicale Northern Trails a débarqué au Capitole de Québec proposant bien plus qu’un simple enchaînement de succès country,c’est une véritable célébration du New Country, portée par des artistes généreux et une ambiance qui fait rapidement oublier le quotidien.

Dès les premières chansons, le ton est donné. L’énergie est palpable, la salle réagit rapidement et l’atmosphère devient festive presque instantanément. 

Sur scène, les trois chanteurs Justin Legacy, Laurence Doire et Jordan Levesque forment un trio parfaitement équilibré. Leurs voix se complètent à merveille, créant une harmonie naturelle et franchement réjouissante. Que se soit en solo, en duo ou en trio, ils dégagent une assurance et une énergie qui captent immédiatement l’attention.

Entourés de cinq musiciens solides, les trois chanteurs prennent aussi la guitare, ce qui renforce encore davantage l’authenticité et le plaisir partagé sur scène. Gabriella Laberge, au violon et aux voix  donne une couleur bien affirmée au New Country. Sa présence enrichit l’ensemble du spectacle, tout en rappelant les racines du country dans une esthétique résolument moderne.

Le choix du répertoire est particulièrement efficace. Des chansons comme Tennessee Whiskey et Man! Il feel like a Woman résonnent dans la salle et déclenchent de magnifiques réactions. 

Les classiques de Luke Combs, Chris Stapleton, Miranda Lambert, Keith Urban, Shania Twain, Morgan Wallen et plusieurs autres figures emblématiques du genre font chanter et danser le public.

L’ambiance est l’un des grands points forts du spectacle. Rapidement, le public embarque  et se laisse porter par l’énergie contagieuse des artistes. Autour de moi, des jeunes dansaient avec enthousiasme, tandis qu’un peu plus loin, une grand-maman frappait des mains en se balançant au rythme de la musique. 

Une image parfaite de ce que propose Northern Trails, un spectacle intergénérationnel, festif et profondément rassembleur.

Northern Trails réussit là où plusieurs spectacles tentent leur chance : créer un véritable moment de communion. On en ressort énergisé et avec l’impression d’avoir vécu une soirée sans prétention, mais généreuse. 

La soirée s’est conclue sur Footloose, un final tout simplement incroyable qui a fait exploser l’énergie de la salle et confirmé que le parterre du Capitole était devenu, le temps d’une soirée, une immense piste de danse. 

Une expérience qui donne envie de chanter, de danser… et surtout, d’y revenir.

Pour savoir si Northern Trails passera par chez-vous

https://groupethalio.com/spectacles/northern-trails/

Lyne LaRoche