Entrevue Marie-Elaine Thibert - 29 mai 2026

Marie-Élaine Thibert : « J’aime ça donner des frissons! »
À quelques jours de son passage à la Salle Albert-Rousseau, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec elle.
Marie-Élaine Thibert est de retour avec un projet qui lui tient particulièrement à cœur : l’album 11 bis, rue d’Orchampt et le spectacle Parlez-moi d’elle, un vibrant hommage à la grande Dalida.
Dès le début de notre conversation, Marie-Élaine était enthousiaste à l’idée de parler de ce nouveau chapitre de sa carrière.
« Je suis vraiment dans une bonne équipe avec Maxime Landry, qui est auteur, artiste et producteur. Je me sens bien, je me sens en confiance, je me sens écoutée. On fait de beaux projets ensemble », confie-t-elle.
Un projet imaginé par Maxime Landry
L’idée de rendre hommage à Dalida ne vient pas de Marie-Élaine elle-même, mais bien de Maxime Landry.
« J’étais arrivée avec plusieurs idées de projets. Maxime m’a dit : "On va trouver le bon projet pour toi. Je ne veux pas que ce soit n’importe quoi." Quelques jours plus tard, il m’a rappelée en me disant : "Marie, j’ai eu un flash. Tu pourrais chanter Dalida." »
Au départ, l’artiste connaissait certaines chansons de Dalida, sans être une spécialiste de son répertoire.
« Je suis allée écouter ses chansons et je me suis rendu compte que j’en connaissais beaucoup plus que je pensais. J’ai aussi découvert qu’on avait des similitudes dans nos voix. Elle était alto, moi aussi. Plus j’écoutais, plus je me plongeais dans son univers. »
Curieuse de nature, Marie-Élaine a alors commencé à lire sur la vie de Dalida.
« J’adore les biographies. Je me suis plongée complètement dans son histoire et son univers. »
Est-ce que rendre hommage à une artiste aussi importante représentait un défi et une pression?
Une pression... mais surtout beaucoup de respect
« Pour le Québec, je me sentais à l’aise. J’ai déjà rendu hommage à Édith Piaf ou à Jacques Brel. Mais ce qui me faisait un peu peur, c’était la réaction des proches de Dalida et des grands admirateurs de son œuvre, surtout en Europe. »
«Je tenais toutefois à respecter la grande dame tout en apportant ma propre couleur.
Je ne suis pas dans l’imitation ni dans la caricature. On a recréé les chansons à ma manière. Je pense que c’est respectueux et je l’assume pleinement. »
Un spectacle où Dalida est reine
Mais Marie-Élaine y a tout de même glissé quelques chansons de son propre répertoire.
« Le spectacle est à environ 85 % consacré à Dalida. Je chante quand même deux de mes chansons, mais je voulais vraiment que ce soit un véritable hommage à Dalida. Je fais aussi quelques clins d’œil à certains artistes qui ont chanté Dalida ou repris ses chansons. »
Est-ce qu’il y a certaines chansons qui te touchent particulièrement?
« Il venait d’avoir 18 ans est une chanson extrêmement émouvante pour moi. Je la présente d’une façon très intime dans le spectacle. Il y a aussi Histoire d’un amour, qui parle autant de l’amour entre deux personnes que de l’amour entre un artiste et son public. »
Une expérience marquante à Paris
Pour préparer ce projet, Marie-Élaine s’est rendue à Paris avec Maxime Landry afin de réaliser les photos de l’album.
« Au début, je disais à Maxime qu’on pouvait faire ça dans le Vieux-Québec! Mais il m’a convaincue. Nous sommes allés devant la maison de Dalida, nous avons visité les endroits importants de sa vie et nous sommes aussi allés au cimetière où elle repose. C’était vraiment quelque chose à vivre. »
Elle garde un souvenir précieux de ce voyage.
« On a rapporté de magnifiques photos. On a même produit l’album en vinyle avec un superbe coffret photo. On ne regrette absolument pas ce voyage. »
Un public au rendez-vous
Depuis le début de la tournée, les réactions sont extrêmement positives.
« Les gens chantent énormément pendant le spectacle. Après chaque représentation, je prends le temps de rencontrer le public pour les photos et les autographes. Les commentaires sont magnifiques. Beaucoup me disent qu’ils ne pensaient pas connaître autant de chansons de Dalida. »
La musique de Dalida traverse admirablement les générations.
« Elle est encore très présente aujourd’hui. Les jeunes la chantent encore et plusieurs drag queens la personnifient. Sa musique ne se démode pas. Elle a touché à plusieurs styles musicaux et ça fait en sorte que ses chansons demeurent actuelles. »
Le trac est toujours là
Malgré plus de vingt ans de carrière, Marie-Élaine avoue ressentir encore beaucoup de nervosité avant de monter sur scène.
« J’ai encore énormément le trac. Peut-être même plus qu’avant. Chaque nouveau projet est un recommencement. On se demande toujours si le public sera au rendez-vous. »
Cette pression, elle l’accepte malgré tout.
« Je veux toujours offrir le meilleur spectacle possible. Je sais que je m’en mets beaucoup sur les épaules. Je me dis toujours qu’après tant d’années, ma voix doit être parfaite. Je sais que nous ne sommes pas des robots, mais cette pression me donne aussi l’adrénaline dont j’ai besoin. »
Ce qu’elle souhaite offrir au public
Lorsqu’on lui demande ce qu’elle souhaite que les spectateurs retiennent de la soirée, sa réponse est immédiate.
« Je veux qu’ils passent une magnifique soirée. Qu’ils aient des frissons, qu’ils rient, qu’ils soient émus. Je veux qu’ils passent par toute une gamme d’émotions et qu’ils en parlent. J’adore quand les gens me disent, après le spectacle, qu’ils sont là grâce à une tante, une amie ou quelqu’un qui leur a parlé du spectacle. »
Et surtout :
« J’aime ça donner des frissons! »
Ton conjoint Rémy Malo est le chef d’orchestre sur scène. Comment est-ce de travailler ensemble?
« C’est le fun, on rit, on se connaît tellement bien. »
Une maman fière
Impossible de terminer l’entrevue sans parler de sa fille, qui a récemment démontré tout son talent devant le public.
Marie-Élaine sourit immédiatement.
« Elle aime beaucoup la musique et elle a beaucoup plus de guts que moi j’en avais à son âge. C’est une touche-à-tout qui adore relever des défis. Nous, on la laisse aller et on veut simplement qu’elle soit heureuse. »
Question bonus
Marie, juste entre toi et moi, quelle est la chanson de Dalida que tu te surprends à fredonner lorsque tu es seule, loin des projecteurs?
Marie-Élaine éclate de rire avant de répondre sans hésiter :
« Mourir sur scène, c’est une très belle chanson et elle me reste vraiment en tête. Et il y a aussi Darla Dirladada. Ce sont des chansons qui me suivent encore même quand je ne suis pas sur scène. »
À ne pas manquer
Marie-Élaine Thibert présente Parlez-moi d’elle, un hommage à Dalida, le 28 juin à la Salle Albert-Rousseau de Québec.
Je sais qu’il y aura plusieurs surprises que je ne vous dévoilerai pas aujourd’hui.
Son album 11 bis, rue d’Orchampt est maintenant disponible.
Pour connaître toutes les dates de la tournée
Lyne LaRoche