Bruno Pelletier - 25 avril 2026

Bruno Pelletier
3 et moi dans son salon
J’ai rencontré Bruno Pelletier dans plusieurs formules. Accompagné d’un band complet à ses débuts dans les bars et les petites salles de Québec. En formule jazz, en concert plus lyrique, dans des spectacles musicaux à grand déploiement bref, j’ai eu la chance de l’entendre à plusieurs reprises au cours des 40 dernières années. Cette fois, lui et trois de ses amis nous conviaient à la salle Albert-Rousseau ce samedi pour 3 et moi.
Un rendez-vous convié pour nous présenter des chansons marquantes de sa carrière mais aussi des chansons qui l’ont inspiré. Une soirée comme dans son salon.
Sur le plancher de son salon, en plus d’un piano, sept guitares, deux basses et quatre micros étaient debout à les attendre.
Sans faire attendre la foule qui remplissait tous les sièges disponibles, Bruno s’avance et agrippe sa guitare pour débuter la soirée avec Miserere, un classique qui a propulsé sa carrière. Il a ensuite poursuivi avec Aime avant de saluer ses fans de Québec.
3 et moi ce sont ses complices de longue date, Martin Bachand et Claude Pineault. Mais c’est aussi sa blonde Brigitte Marchand.
Malgré plusieurs milliers de spectacles derrière la cravate, Bruno Pelletier s’est dit fébrile et nerveux en ce soir de première dans la ville qui l’a vu grandir.
3 et moi, est un show de salon, monté dans son salon. Un spectacle intimiste sans artifice. Lui qui se qualifie d’interprète-auteur-compositeur, nous offrira Coriace, une chanson racontant son père.
En 1993, il a reçu un coup de fil d’un certain Luc Plamondon. La suite pour lui; deux ans de spectacles à Paris et partout dans le monde, longtemps à 7 soirs par semaine. Inspiré par cet éloignement, il nous a offert, Ailleurs c’est comme ici et En manque de toi.
Souvent regroupées dans des enchainements de deux ou trois chansons, Bruno, Claude et Martin nous proposeront ensuite des pièces à trois accords de Whitesnake, des Beatles et même d’Elvis Presley en se déhanchant à la façon du King, au grand plaisir des spectatrices.


Il poursuivra avec un doublé de Peter Frampton avec Baby I love you way et Show me the way avec un superbe solo de Martin Bachand.
Avec ce spectacle Bruno Pelletier se réinvente. Il revisite son répertoire et celui de ses idoles. Il s’est fait plaisir pour nous faire plaisir.
Sa conjointe, Brigitte Marchand s’avance sur scène pour les accompagner sur Dust in the wind avant qu’elle ne dépose sa magnifique voix sur Temps de Francine Raymond. Vraiment beau. On apprendra plus tard que Brigitte devait faire son entrée pas mal plus tard dans le spectacle. Son arrivée s’est précipitée un peu beaucoup après que Pelletier ait escamoté pas moins de 6 chansons. Grâce au grand professionnalisme de la chanteuse, rien n’a paru.
Ce soir de première était cousu d’un fil conducteur par fois en zigzag. Les oublis, des erreurs et même une chute évitée de peu ont rapidement été pardonnées par les fans. La précision et la rigueur d’un spectacle rodé a fait place à la spontanéité, à l’improvisation et à beaucoup de fous-rires. Après tout, pourquoi s’arrêter à ces détails quand on est dans son salon…
Dans 3 et moi, Bruno Pelletier laisse beaucoup de place à l’immense talent de ses 3 comparses. Si les guitares de Martin Bachand sont toujours aussi belles et pertinentes, le travail du multi-instrumentiste Claude Pineault n’est pas piqué des vers, lui qui excelle au clavier, à la guitare et à la basse. Ses prestations vocales dans des tonalités qui s’approchent souvent de la version originale ne laisse pas le public indifférent.
Histoire de quelques minutes, Brigitte a volé la vedette à son chum en méritant une ovation debout grâce à une sublime interprétation de La Habanera, tirée de l’opéra Carmen de Bizet.
Elle récidivera plus tard en remplaçant Kate Bush dans une reprise de Don’t give up de Peter Gabriel. Les voix de Bruno Pelletier, Claude Pineault et Brigitte Marchand nous donnent des frissons. La voix de la grande blonde nous surplombe comme celle d’un ange. Simplement sublime.
Des anecdotes drôles et toujours intéressantes, des faits marquants de sa carrière, des artistes et de la musique qui ont marqué sa carrière et influencé ses choix. Tout ça livré dans une authenticité qu’on connait de lui.
Des moments cocasses qui rapprochent le public de la scène dans cette soirée intime. Même Claude Pineault, qui ne se trompe jamais, s’est trompé… au grand bonheur de Bruno. « Malgré l’intelligence artificiel, rien ne peut remplacer un show live ». Il a tellement raison.
Fidèle à ses habitudes, Bruno Pelletier ne s’est pas laissé prier pour nous offrir un long et généreux rappel. Il nous proposera des extraits de pièces qu’il a chantées lors de quelques auditions, comme la magnifique S.O.S. d’un terrien en détresse qui a fait lever tout l’auditoire. Brigitte entrera dans le répertoire de Barbara Streisand avec une belle version de Memory avant que toute la bande nous offre Yesterday des Beatles avec de très belles harmonies.
Bien entendu, les gens attendaient avec impatience Le temps des cathédrales. Non seulement il nous l’aura offert, mais il nous a laissé chanter le refrain.
Vous souhaitez vous aussi passer un excellent moment au salon chez Bruno Pelletier?
Plus de 75 rendez-vous sont déjà lancés pour les prochains mois dont celui du 8 novembre prochain à la Salle Albert-Rousseau.
Pour connaitre ces dates et les lieux de sa tournée 3 et moi, rendez-vous au https://www.brunopelletier.com
Claude Gignac