Michel Fugain - 18 avril 2026
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Michel Fugain
C’est une belle histoire
L`image est forte. Une bande de jeunes en quête de liberté, habillés de toutes les couleurs pour faire la fête et chanter, comme si tu devais mourir demain.
C’est l’image de la pochette du 33 tours de Michel Fugain et le Big Bazar qui était appuyée sur le tourne-disque à la maison. Pourtant, plus de 50 ans plus tard, Michel Fugain chante encore.
Il est venu chanter pour nous ce samedi sur les planches de la salle Louis-Fréchette du Grand-Théâtre. Signe de son attachement au Québec, tous les musiciens qui l’accompagnent sur scène sont québécois.
Pour moi, Michel Fugain, c’est la musique et la joie de vivre. Son spectacle ne me fait pas mentir. Il entre seul sur scène, s'avance vers le public en commençant à chanter Chante, la vie chante pendant que les musiciens viennent le rejoindre.
« Cette salle est inspirante pour moi ». Il enchaine avec Soleil, C’est de la musique et La rue du temps qui passe. Il nous confiera « ma vie a commencé quand j’ai rencontré la musique ».
Toute ces chansons ont été composées avant le Big Bazar. Comme s’il nous présentait une rétrospective de sa longue carrière, les pièces sont toutes présentées en respect avec la chronologie de leur création.
Puis il a fait une rencontre déterminante dans sa carrière. Il a croisé le chef de tous les faiseurs de textes. Le grand parolier Pierre Delanoé à qui il a soumis une mélodie, il lui aura offert Je n’aurai pas le temps, malgré ses jeunes 25 ans.
Delanoé lui a dit, « donnes-moi des mélodies et je t’écrirai des textes ». Un jour, Fugain a présenté onze mélodies à Delanoé. Deux jours plus tard, il est revenu avec Attention mesdames et messieurs. Une première chanson pour un spectacle qui n’existait pas, pour un groupe qui n’existait pas. À l’époque, les disques avaient toujours 12 chansons. Fugain a fait écouter un 45 tours d’une chanson qu’il avait entendue au Brésil. Avec les mots de Delanoé, la pièce est devenue Fais comme l’oiseau. Et voilà, le premier disque du Big Bazar était prêt.




Il nous parlera d’un autre complice auteur, Maurice Vidalin avec qui ils ont notamment créé C’est la fête.
Michel Fugain est aussi un excellent compteur. Il nous racontera de succulentes anecdotes sur les années 70. Il n’hésitera pas à nous raconter la genèse de plusieurs chansons dont celle de Les gentils, les méchants, écrite suite à une demande spéciale d’un certain Pierre Richard un peu amoché.
Fugain a toujours su bien s’entourer sur scène. C’est encore le cas avec sa conjointe, Sanda-Alexandru-Fugain qui l’appui admirablement bien aux voix. Ils se permettront quelques pas de danse qui nous rappellent les chorégraphies du Big Bazar. Ils sont beaux à voir. Une belle complicité.
Simon Blouin derrière la batterie, Mark Hébert à la basse, Vincent Réhel aux claviers, Jocelyn Tellier et Daniel Lacoste aux guitares formeront un band de très haut niveau. La formation sera complétée par l’excellent Paul Picard qui ajoutera son immense talent aux pièces aux sonorités souvent Bossa nova.
Un jour d’enregistrement, Fugain avait oublié de coller un texte à une des ses musiques. Il a contacté son sauveur qui lui a pondu un texte en moins d’une heure et demie. Bravo monsieur le monde est devenue, plus de 30 ans après sa sortie, la chanson officielle de l’Exposition universelle de Nagoya au Japon. Que dire de sa rencontre avec Robert Charlebois de qui il dit qu’il a peur du vide… des verres vides.
Après Laissez danser, interprétée par sa femme, Sanda Alexandru-Fugain, Michel Fugain se moque des idiots, des intégristes, des complotistes et des platistes, qui ont le droit de vote. Il se moque, sans subtilité, des américains qui ont voté pour l’homme carotte. Un long et hilarant préambule à la chansons Les Bourrins.
De la musique, des mots, des pas de danse, une voix sans faille, des rires à profusion et de multiples ovations.
Il terminera cette magnifique soirée qui a fait rajeunir même les plus vieux spectateurs en nous offrant, à nouveau, Chante, la vie chante qui nous suivra jusqu’à la maison et peut-être pour quelques jours encore.
84 ans dans quelques semaines, 25 chansons et des anecdotes qui nous font rire et qui nous accrochent pendant les deux heures vingt minutes d’un spectacle qui ravivent des souvenirs et provoquent des sourires qui ne semblent pas vieillir. Simplement incroyable.
Dire qu’il y a 50 ans, dans cette même salle, plusieurs spectateurs, maintenant coiffés de gris, portaient la tunique et les pantalons à pattes d’éléphant, chantaient et dansaient comme ils l’ont fait samedi soir. Nostalgie et pur bonheur.
Michel Fugain poursuit sa tournée au Québec jusqu’au 3 mai. Il sera de retour dans cette même salle le 10 avril 2027.
Vous voulez en savoir plus sur ce monument de la chanson française, tapez le. https://michelfugain.fr
Claude Gignac