Tire le coyote - 04 mars 2026

Tire le Coyote Symphonique
Des frissons en fa majeur
La musique et la poésie de Tire le Coyote laissent beaucoup d’espace pour la réflexion. Installer une cinquantaine de musiciens derrière lui aurait pu être un exercice périlleux.
Mercredi, le chef Julien Proulx et les musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec se sont installés derrière Benoit Pinette sur la scène de la salle Louis Fréchette pour nous faire planer dans l’univers de Tire le Coyote.
J’aurais déjà le goût de résumer ma critique de ce spectacle en alignant une série de qualificatifs dithyrambiques; Magnifique, sublime, exceptionnel, mémorable, émouvant. Mais je me dois de vous en dire un peu plus.
Si les premières notes de Jolie Anne m’ont donné des frissons, ce sentiment de pur bonheur s’est assis avec moi pour le reste de la soirée. Ils ont enchainé avec Comment te dire merci dans une musique qui nous transporte au-delà de l’histoire.
Avant de poursuivre, Tire le Coyote nous dira comme c’est un grand privilège de chanter avec tant de grands musiciens sur la principale scène du Grand Théâtre de Québec, lui qui vit dans notre belle ville depuis vingt ans. Ne sachant que faire de ses mains, il agrippera sa guitare pour une première fois pour nous offrir Au premier tour de l’évidence. La poésie de Tire le Coyote est souvent pleine de sensibilité. C’est le cas avec L’âge d’or vaut rien, écrite en l’honneur de son grand-père. Des petites lumières dansent et scintillent au-dessus de la scène, rappelant que nos proches disparus sont comme des étoiles qui brillent dans le firmament.
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Transporté par la poésie et la musique, on se croyait déjà au ciel. Puis, l’artiste lyrique autochtone, Elisabeth St-Gelais, est venu rejoindre le chanteur sur scène. Sa voix angélique s’est entremêlée à celle de Benoit Pinette pour nous interpréter de façon magistrale Pouvoirs de glace et Chanson d’eau douce. Quel beau moment.
Gabriel Desjardins, pianiste pour l’occasion, a su magnifiquement arranger la musique de Tire le Coyote. Il a transformé son folk dépouillé en de vraies œuvres symphoniques. Peu importe le rythme, le travail est une complète réussite. Le son parfaitement mélangé laissera la place qui lui revient aux notes et aux mots.
La première partie se terminera par un hommage à son idole Leonard Cohen avec Baldy qui raconte son pèlerinage à L.A. sur les traces du grand poète.
Si la première partie m’a jeté par terre, la seconde allait m’achever. La version de Jeu vidéo aurait certainement eu le même effet sur Lana Del Ray que sur moi.
Les chemins de travers, La couleur du vent et Ma révolution tranquille s’enchaineront dans une fusion parfaite entre la poésie et les musiciens de l’OSQ, sous l’habile direction du chef Julien Proulx avec qui Pinette collaborait pour la 3e fois. Seul son inséparable batteur Kevin Warren s’était efficacement inséré au cœur de la formation symphonique.
Élisabeth St-Gelais reviendra sur scène pour ce que Tire le Coyote qualifie de chanson de mariage, Chanson d’amour en sol standard. OUF !!!
Benoit Pinette, élégamment vêtu d’un costard noir, nous proposera pour clore le spectacle, la déjà magnifique Le ciel est back order. Dans ces arrangements symphoniques, cette chanson s’élève au rang de chef-d’œuvre bouleversant. Heureusement, il ne nous a pas laissé là-dessus. Il nous offrira, au rappel, Calfeutrer les failles. Galvanisé par de chauds applaudissements, il est revenu nous interpréter Jésus en version « unplugged » seul à la guitare et à l’harmonica, laissant ses complices de la soirée spectateurs de premières loges.
Tire le Coyote symphonique, un spectacle céleste dont je ne me remettrai jamais.
Un des meilleurs spectacles que j'ai vu dans les 10 dernières années.
Pour suivre Tire le Coyote, tapez le http://www.tirelecoyote.com/
Claude Gignac


