Entrevue Verdict2 - 18 février 2026
Verdict 2 : Quand la scène devient tribunal
Entrevue avec Sonia Vachon et Paul Doucet
Sonia
Les causes abordées sont des sujets sensibles. Toi qui es une femme très sensible, comment trouves-tu l’équilibre entre l’émotion et la retenue?
« Quand on me l’a proposé au départ, c’était un beau défi. Je n’avais pas vu Verdict 1, mais j’en avais beaucoup entendu parler. Comme Marie-Thérèse ne pouvait pas le faire, je me suis dit que c’était une belle opportunité. Je vais avoir 60 ans… mais je ne savais pas à quel point ça allait m’éprouver.
C’est beaucoup de textes à apprendre. Comment ça a été pour toi ?
J’ai une très bonne mémoire. Avec les années, en faisant beaucoup de télévision, j’ai développé une mémoire à court terme. En télé, tu apprends ton texte, tu fais la scène, et une fois que c’est passé, c’est fini. C’est rapide. Apprendre des textes, pour moi, c’était facile. Une petite demi-heure dans ma chambre et c’était réglé.
Mais Verdict 2… oublie ça. Ce sont des verbatims. Les avocats ont des notes, ils ne les apprennent pas par cœur. Moi, je n’ai pas étudié en droit, et ce sont des lois.
Et il y a l’âge… et la maudite ménopause qui vient changer énormément de choses. Heureusement que Véronique Cloutier a abordé le sujet publiquement. Ça aide à comprendre que ça nous affecte beaucoup. Ma confiance en moi et ma mémoire ont été touchées. Il y a des soirs où j’ai encore des sueurs froides. »
Y a-t-il une cause qui vient te chercher plus que les autres?
« Ma plaidoirie sur Sophie Chiasson. Je l’ai connue à l’époque. On a détruit sa vie et sa carrière gratuitement. Et ce qui est troublant, c’est que la diffamation et l’intimidation sont encore d’actualité.
Moi, je n’ai aucun réseau social. Mon chum Jean-Claude me dit toujours : “C’est une bonne affaire, Sonia.” Parce que ce qui est troublant, c’est que tu peux démolir quelqu’un sans jamais donner ton nom.
Ce qui est beau avec Verdict, c’est que nos plaidoiries sont encore d’actualité. Et je suis fière de dire que certaines ont contribué à faire modifier ou ajouter des lois. »
Est-ce que faire Verdict te fait voir la société autrement?
« Ce qui me réconforte, c’est qu’à la fin, on dit aux gens : “Maintenant, vous êtes les jurés. Quel est votre verdict?” On allume les lumières, on voit les mains se lever. Et quand on donne le vrai verdict, la réaction des gens est incroyable. »
Est-ce toujours la même réaction?
« Oh que non! Un soir, dans une des plaidoiries, Paul a été particulièrement baveux… et la réaction a été intense! On casse le quatrième mur dès le début. Voir les gens réagir, c’est jouissif.
Il y a aussi la plaidoirie sur Denis Lortie. On apprend des choses qu’on ne savait pas. Le public connaît des anecdotes, mais là, on entend la plaidoirie complète. »
Les débuts ont-ils été difficiles?
« La nuit avant la première, je n’ai pas dormi. Quelques minutes avant mon entrée en scène, je me disais : “Ouf…” Puis en entrant, je suis tombée… et toute la salle s’est mise à rire et à applaudir. J’ai lancé : “Ça commence bien!” Et tout mon stress est parti. »
Après le spectacle, arrives-tu à décrocher?
« Oui, je suis capable. Mais en voiture, je refais mes textes… et je me parle : “Sonia, c’est fini pour ce soir.” »
Serais-tu un bon juré?
« Non, je ne pense pas! Il faudrait qu’on m’explique des affaires. Je serais du genre à demander : “Est-ce que Monsieur le juge pourrait m’expliquer la loi?” »
Paul
Verdict a connu un immense succès, pourquoi avoir accepté de replonger dans cet univers?
« En partie pour le succès, oui. Et pour la chance de jouer plus de 28 représentations. Au théâtre, on travaille énormément pour souvent quatre semaines de spectacles… et on est chanceux s’il y a trois supplémentaires.
J’ai adoré l’expérience de Verdict. Le défi d’apprentissage, le temps de maturation… C’est comme si le texte se déposait par sédiments dans nos têtes. On revient trois mois plus tard et on découvre un nouveau sens à ce qu’on dit. C’est fascinant sur le long terme. »
La tournée ça te plaît?
« Oui. On fait deux jours ici, une journée là. J’aime me déplacer, aller voir mon Québec. Mes enfants sont grands maintenant, alors ça facilite les choses. Les gens sont contents de nous voir, et nous aussi. La tournée me plaît énormément. Je ne l’avais pas beaucoup faite avant, j’étais très occupé avec la télé. Là, j’en profite. »
Dans certaines plaidoiries, te dis-tu parfois que tu ne plaiderais pas ainsi?
« Ça m’arrive. Dans certains arguments, je me dis : “Pourquoi il n’a pas dit ça?” Mais c’est difficile à gérer, évidemment. »
Serais-tu un bon juré?
« Je ne sais pas si je serais prêt à prendre la pression et la responsabilité… Dans un groupe, peut-être. J’ai une tête analytique. Je poserais beaucoup de questions. J’argumenterais sûrement aussi. Mais ça dépend de la cause. Un vol de tondeuse, ça va… mais quand tu as la vie de quelqu’un entre tes mains, c’est autre chose. »


Ils ont réussi tous les deux à piquer ma curiosité… j’y serai en avril, c’est certain !
Verdict 2 sera présenté à la salle Albert-Rousseau les 5 et 6 avril.
Pour connaître toutes les dates :
https://agentsdoubles.ca/ad/verdict-2-2/
https://www.sallealbertrousseau.com/products/verdict-2
Lyne LaRoche