Les Boys - 19 janvier 2026
Les boys, une équipe tout étoile

On le sait, le hockey est le sport national des québécois. On le sait aussi, les brasseries sont, depuis longtemps, le repère des « sportifs ». Il y a déjà 25 ans, Richard Goudreau a eu l’idée de raconter une histoire mélangeant ces deux passions dans film au personnages drôles, attachants et sincères. Dans un scénario de Christian Fournier, il a mis au monde un club de hockey qui deviendra au Québec, aussi légendaire qu’un certain club vêtu en bleu, blanc et rouge.
Ce club, « reconstruit » par d’excellents choix au repêchage, reprend le scénario original adapté par Guillaume Corbeil pour nous faire rire, cette fois directement devant nous dans une mise en scène de Marc St-Martin. Une succursale de la Brasserie Chez Stan a été aménagée pour trois soirs sur la scène de la Salle Albert-Rousseau.
En lever de rideau, nous retrouvons Stan en grande discussion avec Méo à qui il doit 50 000$. Cette « négociation » nous donnera droit à la première d’une série de répliques devenues immortelles. « T’es chien, t’es chien ». Louis Champagne est savoureux dans son personnage de Méo le Shylock.
La première période a débuté plutôt timidement comme pour un club de hockey qui n’a pas joué depuis quelques jours. On redécouvre chacun des personnages sur un coin de la scène divisée en quatre plateaux disposés sur deux étages. Ces plateaux deviendront successivement le bureau de Stan, le garage de Mario, le salon de Fern, la brasserie Chez Stan avant de devenir les arénas L.Saia et R.Goudreau, nommées en l’honneur des deux concepteurs de l’histoire originale. Le décor est vraiment magnifique et nous transporte habilement d’une scène à l’autre.






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Bien que plusieurs savoureuses répliques ont fait réagir le public, qui avait rempli la salle Albert-Rousseau, la scène où Fern, magnifiquement campé par Denis Houle, annonce qu’il accroche ses jambières, est marquante. Pourtant, ça n’a pas empêché ses coéquipiers de déserter le vestiaire un à un à son insu.
Le rythme lent de la première période est compensé par les scènes mythiques. La scène de cassage de bâtons par Julien (Nicolas Pinson), les jokes de machos de Boisvert (Didier Lucien), le speech de vente de Ti-Guy (Benoit Drouin-Germain) ou la scène de jalousie du copain d’un Jean-Charles habilement joué par Gabriel Sabourin.
Les boys sont sortis fort en deuxième partie. Ils évoluent sur une patinoire artificielle, reproduisant efficacement les scènes de hockey. À travers les répliques du film, quelques insertions contemporaines ont vu le jour quand, notamment, les joueurs font référence à Netflix ou quand on dit que Mario a joué sa game dans la game.
Utiliser le texte original d’un film peut être risqué car l’effet de surprise est presqu’absent. Cependant, on ne pouvait esquiver des répliques comme le long laïus sur la dureté du mental. Un bijou que le public a chaudement applaudi, brillamment livré par David Savard dans l’uniforme de Bob. Il en failli de peu pour avoir droit à un décrochage de Savard qui a su contenir son fou-rire.
Dans mon livre à moé, le casting de Les Boys (le spectacle) est formé d’une équipe tout étoile. Emmanuel Bilodeau reprend discrètement le veston de Stan. Mikhail Ahooja porte efficacement la casquette de Mario. Thomas Derasp-Verge incarne un crédible Léopold, Marilou Morin reprend le rôle de la séduisante Sonia, la serveuse de la brasserie. Lauren Hartley, en remplacement de Marie-Pier Labrecque incarne Fannie, Lisette, Brigitte, Karine et un Marcel tout aussi hilarant que l’original.
Lorsque Fern fait une prière devant son but, son fantôme vient lui rendre visite, rendant hommage à l’illustre Paul Houde, disparu trop tôt. Un moment touchant.
Fort d’une grosse deuxième période, Les boys ont terminé la soirée en beauté pour gagner la partie au grand plaisir des amateurs.
Dans mon livre à moé, à défaut de revoir les Nordiques, Les boys nous ont fait passer un bon moment et ont « scoré » un but gagnant.
Les boys sont installés à Ste-Foy pour un programme triple jusqu’au 20 janvier. Ils joueront des matchs partout en province cet hiver. Ils seront de retour à la Salle Albert-Rousseau pour un autre programme triple à compter du 3 mai prochain.
Pour plus d’informations, rendez-vous au https://lesboys.com
Claude Gignac