Yves Duteil - 25 mars 2019

Yves Duteil, 40 ans plus tard… Un hymne à l’amour

Après cinq ans d’absence sur disque, Yves Duteil a repris sa plume pour composer les chansons de l’album Respect. Paru il y a un peu plus d’un an, Respect reste dans le monde de Duteil, un monde d’amour, de sensibilité, un monde de douceur.

Pour nous présenter le fruit de son écriture, l’auteur-compositeur interprète a concocté la tournée 40 ans plus tard. Ce dimanche, à la Salle Albert-Rousseau, il a amorcé la portion québécoise de cette tournée.

40 ans plus tard est un habile mélange de plusieurs pièces tirés de son plus récent album auquel vient se greffer quelques incontournables.

Après nous avoir salué, sans dire un mot, Duteil s’est assis devant le piano pour nous interpréter Mon piano a cent ans. Il a, par la suite, enchainé deux titres tirés d’albums antérieurs, soit, Le mur de la prison d’en face et Fragile. Il a par la suite, agrippé sa guitare pour Argentine aux rythmes bossa-nova.

D’une grande sensibilité, ses textes sont empreints d’amour et de regards sur les autres. Il rendra hommage à son beau-père de 94 ans avec Le passeur de lumière. Mon petit âne corse sera inspiré par sa fille tandis que Quarante ans plus tard ne sera rien de moins qu’un hommage à sa Noëlle, avec qui il partage sa vie depuis autant d’années.

Le sympathique chanteur fera un bref arrêt à son concert pour nous demander de joindre les mains pour représenter l’émoticône « Respect » le temps d’un autoportrait qui sera publié sur Facebook. Il achèvera la première partie du spectacle avec son grand classique Prendre un enfant qui lui a valu une première de quatre ovations debout.

Ses textes, souvent biographiques, sont touchants. La chanson des justes, inspirées par les gens qui ont subi la guerre et Mohammed et Aïcha sont particulièrement belles. Dans cette dernière, Duteil raconte habilement la double peine que subit le peuple de confession musulmane.

Pour cette tournée, Yves Duteil s’est entouré d’une équipe franco-québécoise. Sur scène Jacques Roy à la contrebasse assure la direction musicale. Derrière la batterie, on retrouve Dominic Cloutier pendant que le violoncelliste Philippe Nadal vient ajouter une touche dramatique grâce à son talent à manipuler l’archet. Dans un geste de générosité, Duteil et sa bande ont prolongé quelques chansons pour permettre au public de se joindre au spectacle en jouant aux choristes.

Au rappel, il lui était impossible de ne pas nous offrir La langue de chez nous. Une chanson toujours aussi belle. Pour les enfants du monde entier, et Apprendre, composée et interprétée pour les funérailles de Paul Gérin-Lajoie viendront clore ce beau spectacle.

Il ne quittera la scène qu’après avoir demandé à ses fans de participer à un court film dédié aux députés français qui se prononceront prochainement pour une directive sur les droits d’auteurs européens.

40 ans plus tard c’est l’hymne à la beauté, un hymne aux mots, un hymne à l’amour.

Le calendrier complet de la tournée «40 ans plus tard», d’Yves Duteil, est disponible sur le site de l’artiste (www.blog.yvesduteil.com).

Claude Gignac