ZAZ - 24 avril 2019

Zaz, un miroir qui reflète un amour réciproque

Le mercredi 24 avril, presque deux ans, jour pour jour après son dernier passage au même endroit, le Centre Vidéotron était à nouveau l’hôte de la sensation française Zaz.

L’Effet Miroir, le 4e album de Zaz, paru l’automne dernier, est le prétexte à cette visite en sol québécois. Celle que François Legault a rebaptisée «Zaza», a déjà vendu plus de 3.5 millions d'exemplaires de ses trois premiers albums qui  ont comblé des fans dans plus de 50 pays à travers le monde. Prolifique, elle prévoit déjà la sortie de son prochain enregistrement à l’automne. En attendant, 5500 fans s’étaient rassemblés pour entendre son dernier album qui comprend quelques pièces un peu plus douces. Signe peut-être que la jeune femme de 38 ans s’est un peu assagie. Peut-être pas…

Les lumières s’éteignent, les premières notes résonnent et l’artiste s’avance sur le trottoir qui s’étend sur le parterre. Elle amorce ce qui sera une soirée mémorable, avec Si c’était à refaire, Nos vies et Plume, toutes trois tirées de son récent opus. Elle ira rejoindre ses cinq musiciens sur la scène pour y interpréter La fée devant un décor parisien projeté sur le grand écran à l’arrière scène.

« Tous les enfants sont mes enfants » dit-elle en s’agenouillant pour nous livrer la très belle Demain c’est toi. Effet miroir est un spectacle où l’on passe par une variété de rythmes et d’émotions. « On danse? » s’écria-t-elle, avant d’entamer Que Vendra à la sonorité latino. Zaz nous a démontré un côté plus rock. Les deux excellents guitaristes font habilement rugir les cordes de leur instrument. On naviguera dans la tendresse au son de la très belle et touchante Souvenir de toi. Des larmes ont certainement ruisselé sur des joues endeuillées. Que ce soit par l’introspective J’aime j’aime, par le rouge et les étoiles d’Éblouie par la nuit ou l’intimité de Résigne-moi, Zaz nous prête son monde. Un monde de bonheur.

N’ayez crainte, Zaz n’a pas perdu un brin de son énergie. Elle multiplie les déplacements, s’approche de son public, elle bouge sans arrêt dans une très belle scénographie d’amphithéâtre qui reste proche des gens.

Après une longue salve d’applaudissement Zaz a fermé la soirée avec un rappel de trois chansons dont On ira et Laponie, dans laquelle elle raconte ses interrogations d’artiste sous une projection d’étoiles et d’aurores boréales.

Zaz, c’est l’artiste généreuse. C’est un long spectacle de 24 chansons. C’est des dons et de la visibilité qu’elle accorde à un organisme local. C’est l’organisme Premiers pas qui a pu profiter de cette exceptionnelle tribune. C’est aussi de longues minutes sur la scène, après le spectacle, à se prêter à une séance de photos avec ses fans.

Zaz… quelle extraordinaire et généreuse artiste!! Un spectacle… parfait!  Du pur bonheur!

Isabelle Geffroy, ou si vous préférez Zaz, sera au Centre Bell de Montréal le 28 avril. Elle fera un bref détour via Londres avant de prendre la route du Japon pour une série de 3 spectacles avant de retourner en Europe pour plusieurs dates. Vous pourrez la suivre via son site au www.zazofficial.com

Première partie

Je ne saurais vous quitter sans vous parler de Claudio Capéo. Trois des cinq membres de la formation ce sont acquitté de réchauffer la salle. Ils ont fait leur travail avec brio. Leurs chansons à boire aux teintes gypsy ont ravi le public qui leur a réservé une ovation debout en fin de prestation. L’émotion était déjà au rendez-vous. Parions qu’ils n’en sont pas à leur dernière présence à Québec.

Claude Gignac




Fais-toi une belle vie - 23 avril 2019

Debbie Lynch-White

Elle était une fois
Il y a quelques années déjà, la série télévisée Unité 9 nous a permis de rencontrer  Debbie Lynch-White, la comédienne. Quelques apparitions dans des émissions de variété nous auront aussi permis d’apprécier une autre facette de son immense talent. Cette fois en tant que chanteuse. On a aussi eu l’occasion d’apprécier l’envergure de son talent d’interprète en prenant le rôle-titre dans le film La Bolduc.
Mardi soir, à la Salle Albert-Rousseau, Debbie Lynch-White présentait au gens de Québec, son premier spectacle tout en chanson intitulé  Elle était une fois. Pour l’occasion, l’interprète s’est entourée sur scène de Gabriel Gratton à la direction musicale et aux claviers, de Lysandre Bourdages à la batterie et de Simon Pedneault à la guitare.
Elle était une fois, ce sont des mots de femmes. Des textes d’auteures féminines, majoritairement francophones.
Sous une pleine lune, parapluie à la main, Lynch-White s’est avancée pour nous interpréter La vie d’factrice de Clémence Desrochers. Avec Briser un cœur d’Ariane Moffatt, la chanteuse viendra confirmer l’ADN du spectacle. Un tour de chant qui nous permettra de naviguer dans l’univers de l’artiste aux multiples talents. Son côté comédienne viendra habilement faire les liens entre les chansons. Elle nous parlera de ses noëls chez sa tante au Nouveau-Brunswick pour nous amener jusqu’au monde de Saphia Nolin. A travers le répertoire de Pink, de Barbara et d’Édith Piaf, on sentira sa sensibilité. L’artiste qui saurait défoncer la muraille de Chine est capable de la délicatesse d’une fleur. Ses interprétations sont senties.
En début de seconde partie, elle se fait plaisir au son des Spice Girls. Les chansons d’Aretha Franklin, de Macy Gray, de France D’Amour, de Pauline Julien et de Francine Raymond sont toutes signées d’une main de femme. Une seule exception. Destin, écrite par Jean-Jacques Goldman. Elle pouvait se le permettre, c’était pour son idole Céline Dion. 
Attention naturelle pour une comédienne, la mise en scène de Frédéric Dubois était judicieuse et bien appuyée par de très beaux éclairages.


Les interactions avec le public sont dynamiques, drôles et efficaces. Dans un élan de poésie, elle passera très vite de Soir d’hiver de Nelligan à Hiver maudit de Dominique Michel. La romantique neige se déposant doucement sur ses épaules lui aura donné du fil à retordre. Dans un cocasse moment, la chanteuse s’est étouffée avec des flocons, le tout confirmant le titre de la chanson. 
Aucun doute, Debbie Lynch-White est une chanteuse. Et une chanteuse de grand talent. Comme elle, sa voix est tantôt douce, tantôt puissante mais toujours juste.
Dans un tel contexte, au rappel, Il était impossible de passer à côté de la toute première auteure-compositrice-interprète québécoise, Mary Travers celle que Debbie Lynch-White interprète avec tellement de brio dans le film La Bolduc. La foule heureuse est restée debout en tapant des mains pour Ça va venir et J’ai un bouton sur la langue.
Vous pouvez suivre l’agenda professionnel et la carrière de Debbie Lynch-White via son site internet au debbielynchwhite.com.  Vous y constaterez, entre-autres, qu’elle présentera Elle était une fois à Trois-Rivières le 25 avril, à Lorraine le 26 avril, à Shawinigan le 5 octobre et le 2 novembre à Beloeil
Claude Gignac

 




Fais-toi une belle vie - 22 avril 2019

 

 

 

 

Fais-toi une belle vie

Une job de famille complètement réussie

 

 

 

 

 

 

 

Hier soir à la salle Albert Rousseau était présenté la pièce Fais-toi une belle vie comme disait toujours la mère de Guillaume Lemay Thivierge.

Fais-toi une belle vie, c’est l’histoire de Michel (Guillaume Lemay-Thivierge) 38 ans qui se retrouve face à un burn-out. Sous les ordres de son médecin, il doit se reposer. Son amoureuse (Émily Begin) et deux de ses amis (Sandrine Bisson et François Chénier) veulent absolument lui venir en aide. Ils décident donc d’acheter un chalet ensemble afin de lui remonter le moral. Quoi de mieux que la tranquillité dans la nature et la beauté des paysages pour venir calmer le stress de la vie quotidienne. Pour ce faire, tout le monde se retrouve ensemble dans le fameux chalet y compris Janie Sucre (Charlie Lemay-Thivierge) une adolescente de 15 ans qui vient chambouler les plans de tout le monde à différents moments dans la pièce. Pensant que c’est son travail de policier qui le mettait à terre, plus les journées se succèdent dans le chalet, plus son humeur dépérit et il réalise d’un grand coup que ce sont les gens qui l’entourent qui sont toxiques. La question qui tue, d’après vous Michel retrouvera t’il son sourire un jour?

L’un des thèmes principaux de la pièce est la dépression. Même si ce n’est pas un sujet drôle, tout ce qui l’entoure est drôle. On y retrouve cinq stéréotypes de personnalités différentes ce qui fait en sorte que le public se retrouve assez aisément et ça fait rire inévitablement du début à la fin.

Tout le monde cherche sa quête du bonheur et avec Fais-toi une belle vie, ça nous permet de réaliser à quel point on peut dérailler sans chercher à savoir pourquoi.

Chapeau à l’auteur François Chénier qui malgré le sujet sérieux et même parfois dramatique, arrive à faire rire et à réfléchir. Le metteur en scène Yves Desgagnés a réussi à traiter le sujet avec sa mise en scène audacieuse et efficace.

Après seulement quelques minutes du début de la pièce, nous réalisons rapidement l’étendue du talent des comédiens.

Maintenant, parlons de ces cinq personnages qui s’en donnent à cœur joie et qui livrent des performances remarquables devant une foule conquise et enchantée, qui a savouré chaque moment.

Guillaume Lemay Thivierge (Michel) est intense, surprenant et drôle, quel comédien!

Émily Bégin (Nancy), capte avec brio l’attention des spectateurs. Ses intonations et ses postures sont ahurissantes. On y croit.

Sandrine Bisson (Julie) dans son rôle de control freak, est excellente

Francois Chénier (Gilles) Dégoulinant de bonnes intentions, son jeu est irréprochable

Charlie Lemay Thivierge est une bouffée d’air frais à chaque apparition. Comme dit l’adage, la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre, Charlie a un talent inné.

Bilan

Jouée par cinq comédiens tous plus talentueux les uns que les autres, Fais-toi une belle vie est une pièce divertissante, intelligente remplie d’auto-dérision et de situations cocasses. Tout y est pour une soirée réussie. Tout comme moi, vous aurez un gros coup de cœur! C’est la pièce à voir absolument!

Fais-toi une belle vie sera de retour à la salle Albert Rousseau le 2 février 2020

Pour plus d’infos :

www.faistoiunebellevie.ca

www.albertrousseau.com

Lyne LaRoche




Chrisitne la Reine garcon - 17 avril 2019

17 avril 2019

CHRISTINE, LA REINE GARÇON

Théâtre de la Bordée

Des performances admirables et un texte remarquable.

Suède, 1649. La reine Christine, anticonformiste et avant-gardiste, invite le philosophe René Descartes pour tenter de comprendre le sentiment amoureux qui la tenaille à la lumière de la raison. Elle découvre qu’elle n’est amoureuse que d’une seule chose : son libre arbitre.

Le texte de Michel-Marc Bouchard créé à Montréal en 2012 et joué à Stratford, en Ontario, à Chicago à Genève et en Suisse. Parsemé de poésie et de philosophie, il est remarquablement interprété par Marianne Marceau (la Reine Christine) et Jean-Michel Déry (René Descartes).

Les décors et les costumes sont inspirés du froid et de la lumière des pays nordiques. Les aurores boréales, lumière blanche projeté sur un mur noir, les couleurs (violet, jaune, vert, turquoise) ne sont décrites que verbalement mais leur interprétation force l’imaginaire. Les magnifiques robes et habits sont tous de coupes et de tissus différents mais tous noirs.

Christine la reine garçon est prête à tout pour parler et vivre en toute liberté. Celle qui veut offrir à son peuple «la paix, des écoles, des bibliothèques, des savants et des poètes » devra tout abandonner pour s’affranchir. Élevé comme un garçon, avant-gardiste, féministe et érudit, elle reniera son père, sa patrie et sa foi pour vivre son libre arbitre.

Une pièce à ne pas manquer au théâtre la Bordée jusqu’au 11 mai 2019.

Distribution : Ariane Bellavance-Fafard, Frédérique Bradet, Jean-Michel Déry, Érika Gagnon, Eliot Laprise, Simon lepage, Marianne Marceau, Vincent Michaud, Réjean Vallée.

Texte : Michel Marc Bouchard
Mise en scène : Marie-Josée Bastien
Assistance à la mise en scène : Émile Beauchemin
Décor : Marie-Renée Bourget Harvey
Costumes : Sébastien Dionne
Lumières : Sonoyo Nishikawa
Musique : Stéphane Caron

www.bordee.qc.ca

Louiselle LaVoie




Alain Choquette - 16 avril 2019

Alain Choquette

Le temps nous file entre les doigts

En novembre dernier s’amorçait ce qui devrait être la dernière tournée de la carrière du magicien québécois Alain Choquette. Après avoir passé plus de 8 ans en France, Choquette est de retour au Québec pour nous présenter La mémoire du temps.

Pour l’occasion, la magnifique salle du Capitole était pleine à craquer. La mémoire du temps, c’est un peu le combat que, comme nous tous, vit le magicien qui vient tout juste de fêter ses 57 ans.

La mémoire du temps, c’est 12 numéros qui tournent de cet implacable combat que l’on mène contre le sable qui s’écoule, contre les aiguilles qui avancent sans cesse, contre les pages que l’on déchire sur notre calendrier.

En début de soirée L’enfant en soi nous présentera une intéressante interaction avec le petit Alain Choquette, présenté grâce à un jeu d’ombre.

Comme dans tout bon spectacle de magie, la participation du public est essentielle. Le magicien, fort de plus de 35 ans de carrière, sait exploiter cette relation. Que ce soit par l’entremise de ballons lancés chez les spectateurs ou par un amalgame de critères de sélection, le choix de ses ponctuels partenaires semble laissé au hasard, éliminant du même coup toute forme de connivence. La participation du jeune Ilan, huit ans et demi a contribué à rendre le numéro Retour dans le temps, bien charmant. Après avoir réalisé son tout premier tour de magie, où il a fait apparaitre des centaines de bonbons, le jeune complice a reçu un bonbon magique qui, des dires de Choquette, se transformera en 2$ s’il le dépose sous son oreiller. Parions que le tour s’est bien terminé.

Que dire du couple formé de Gaétan et Jocelyne. La singulière participation de Gaétan formant un couple vieux de 52 ans était bien drôle. Cet impressionnant tour s’est soldé par la lecture d’une lettre d’amour écrite par Gaétan à sa Jojo. Je pense que Gaétan se demande encore ce qui s’est passé.

Ce spectacle à la facture plutôt sobre et classique, comporte quelques numéros impressionnants. Notons la fin du film où l’on voit le jeune Choquette présenter ses premiers tours à ses parents dans le salon familial. Il nous fait gratter la tête. Cultiver sa mémoire nous propose un tour où, de façon très habile, le magicien retrouve des cartes à l’aide de sa mémoire photographique.

Au final, Choquette se transporte à l’extérieur de la salle avant de réapparaitre sur la scène. Est-ce le fruit de la magie de la vidéo? À moins que la magie existe vraiment…

Alain Choquette reviendra à Québec le 15 mai prochain à la Salle Albert-Rousseau avant de partir vers Montréal. Il sera aussi de retour les 1er et 2 février 2020 au Capitole. Pour toutes les dates, vous pouvez le suivre via le alainchoquette.ca

Claude Gignac




Patrick Groulx - 12 avril 2019

Du Groulx à son meilleur

Plus assumé, plus croustillant et encore plus drôle!

Hier soir, l’humoriste Patrick Groulx présentait la première de son quatrième one man show ‘’Groulx’’ à la salle Octave Crémazie du Grand Théâtre de Québec. Même si les critiques ont été élogieuses pour sa première au Club Soda en février dernier, on sentait quand même une petite pointe de fébrilité au tout début du spectacle pour deux raisons. Tout d’abord, il y a 17 ans il était en spectacle sur cette même scène avec Louis-José Houde et  ajouté à cela un soir de première à Québec après une absence de cinq ans. Même s’il se produisait dans une salle comble, comme toujours pour le sympathique humoriste,  il n’y a jamais rien d’acquis.

Avec ce quatrième spectacle de 90 minutes sans entracte, il sort l’artillerie lourde. Toujours aussi naturel, mais un petit peu plus croustillant que par le passé, il aborde différents thèmes dont la paternité, la séparation, les malaises, les partys, la famille… avec son énergie toujours aussi contagieuse.

À 44 ans, il avoue n’avoir jamais été aussi heureux de sa vie et sincèrement ca parait. On a l’impression qu’il se confie sans retenue en faisant abstraction de ce que les gens vont dire. Il s’assume complètement et ca lui réussi car le public rit en continu. Ses numéros sont tous aussi hilarants les uns que les autres mais j'avoue qu'il fesse vraiment fort quand il nous parle d’une de ses tournées à Thetford Mines et des pruneaux, je ne vous en dit pas plus, ses mimiques sont bidonnantes. Il avoue se mettre souvent le pied dans la bouche et avec sa facon bien à lui de raconter ces anecdotes, il nous confirme son immense talent de raconteur.

À la toute fin du spectacle, il y va avec numéro mémorable qui fait crouler de rire la salle au grand complet.

Bilan

Toujours aussi attachant, Patrick Groulx prouve qu’il n’a rien perdu de sa verve et que même rendu à 44 ans, il y a encore un ado en dedans de lui qui le rend franchement drôle. Ce show-là est selon moi son meilleur car tout comme le public, j’ai ri du début à la fin!

Première partie

L’humoriste Guillaume Pineault avait la tâche de réchauffer le public et il a réussi haut la main. C’est avec dérision, qu’il nous a amené dans son monde relatant ses expériences personnelles complètement hilarantes.

Surveiller son passage à Québec les 15 et 24 mai au Théâtre Petit Champlain et

Au Centre d’Art la Chapelle le 13 juin

Patrick sera de retour le 22 octobre au Grand Théâtre de Québec

Le 16 mai et le 8 septembre au Centre d’Art la Chapelle

À noter, Groulx est recommandé pour les 16 ans et plus

Pour plus d’informations

www.patrickgroulx.com

www.grandtheatre.qc.ca

www.centredartlachapelle.com

www.guillaumepineault.com

Lyne LaRoche




Ingrid St-Pierre - 06 avril 2019

Ingrid St-Pierre

Comme un cerf-volant de velours

Samedi soir, la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec accueillait l’auteure-compositrice-interprète Ingrid St-Pierre. Si je vous dis qu’elle s’y produisait pour la douzième fois, je n’ai pas besoin de vous préciser que c’est un lieu qu’elle affectionne.

Elle venait nous voir pour nous présenter Petite plage, son tout dernier album paru en janvier dernier.

C’est vêtu d’une robe à pastilles multicolores qu’elle s’est approchée du clavier au centre de la scène. Elle scintille comme une étoile. Elle nous livre ses premiers accords, ses premiers mots.

Elle ira, par la suite, s’assoir derrière un long piano à queue pour nous interpréter La vie devant. Dans un élan d’autodérision, elle nous a confié que la veille, elle était restée coincée pendant de longues minutes dans une petite pièce juste avant son spectacle. Elle qui est claustrophobe. « Du grand St-Pierre » .

Après un voyage vers Tokyo jellybean, St-Pierre nous a fait entrer dans l’univers de son fils qui ne dort jamais, avec l’imaginaire de Les éléphant massaï.

Assister à un spectacle d’Ingrid St-Pierre, c’est un peu comme lire son journal personnel. Elle nous parle notamment de son fils et de sa grand-mère qui a souffert de la maladie d’Alzheimer avec la très belle Ficelle. Elle nous parle de sa vie.

Entourée sur scène de Laurie Torres aux percussions, de Camille Paquette-Roy au violoncelle et de Mathieu Désy à la contrebasse, elle livrera ses chansons dans de magnifiques arrangements. Les voix des trois complices ajoutent une touche aérienne à ses chansons planantes.

En deuxième partie devant son auditoire toujours aussi attentif, Ingrid maintenant habillée d’une robe gris-argent et portant de grosses espadrilles blanches, est descendue dans la salle, a remonté l’allée pour s’installer tout près de moi. Quel bonheur. Après être presque tombée en s’assaillant sur le dossier du fauteuil, c’est armée d’un ukulélé et sans micro qu’elle a interprété Les épousailles, une chanson inspirée par Georges Brassens .

Je ne connaissais que très peu Ingrid St-Pierre. Je n’avais pas d’attentes. J’ai fait une très belle rencontre. Cette femme d’une grande douceur m’est apparue comme un cerf-volant de velours. Le public de Québec l’a transportée sur un vent d’amour. « On t’aime » lui a crié un spectateur. Après avoir spontanément répondu « moi plus » St-Pierre a fondu en larmes lorsque le public s’est spontanément levé pour une longue ovation. Une soirée chargée d’amour.

La jeune femme de 33 ans poursuivra sa tournée pour encore quelques dates ce printemps avant de retourner sur la route à l’automne prochain, nous proposant un nouveau rendez-vous le 26 octobre prochain, toujours au Grand Théâtre.

Je vous invite à la suivre sur son site au www. ingridstpierre.com

Claude Gignac




Mon vrai monde Denis Lévesque - 04 avril 2019

Mon vrai monde de Denis Lévesque

C’est au Capitole de Québec qu’hier soir Denis Lévesque présentait la première de son spectacle Mon vrai monde.

Passé maitre depuis longtemps dans l’art de faire des entrevues étonnantes, surprenantes et quelques fois même déconcertantes, que ce soit avec monsieur et madame tout le monde ou avec de grandes vedettes internationales, l’animateur chouchou a prouvé hors de tout doute qu’il n’y avait rien à son épreuve.

Imaginez l’audace et le courage que ce gars- là a eu en décidant de sortir de sa zone de confort et de mettre littéralement sa tête sur le billot, moi je lui lève mon chapeau.

Parlons spectacle

Tout d’abord, je ne m’attendais à rien, j’étais curieuse de voir de quelle façon il allait réussir à capter mon attention jusqu’à la toute fin. Et bien laissez-moi vous dire qu’il y est arrivé avec brio comme il le fait si bien à tous les soirs au petit écran.

Entouré de ses quatre musiciens, d’entrée de jeu il a lancé ‘’ Ce n'est pas un concert, pas une conférence, pas un talk-show, pas du "stand-up"…’’C'est un mélange de tout ça’’

En effet, durant plus de deux heures avec entracte, il a interprété quelques chansons de son premier album Sous mes pas et il nous a aussi fait découvrir celles de son nouvel opus‘’ Ca va aller’’. J’ai eu plusieurs coups de cœur dont ‘’C’est fini’’ le texte lui a été inspiré à la mort de son collègue de travail et ami Jean Lapierre. Un texte qui donne des frissons.

Il raconte ses débuts, les moments marquants qu’il a eu sur son passage, ses entrevues improvisées et il fait tout ça en toute simplicité avec beaucoup d’émotion et d’humour. Comme décor, simplement deux écrans viennent soutenir ses dires en diffusant des photos d’archives, des bouts d’entrevues et il a installé son bureau et sa chaise d’intervieweur. Fidèle comme toujours à lui-même, il se laisse aller doucement sans essayer de battre des records absolument de performance. Il veut juste que les gens passent un bon moment, c’est ça Denis Lévesque, son bonheur est contagieux.

Naturellement c’était impossible pour lui de ne pas faire monter sur scène son épouse la belle et sympathique Pascale Wilhelmy car selon ses dires c’est le segment qu’il entend le plus parler à l’émission. Paraitrait-il que le public avait vu bien avant eux leur idylle qui se développait au petit écran. Par la suite l’animateur Pierre Jobin chef d’antenne à TVA est venu le rejoindre aussi pour parler de leurs débuts et y raconter quelques anecdotes croustillantes.

Au rappel, notre Denis national s’est fait aller le popotin en interprétant un des succès de Elton John, Crocodile Rock. Tout le monde était debout, lui confirmant qu’il avait eu raison de venir à la rencontre de son public. C’est avec la chanson titre de son dernier album ‘’Ca va aller’’ qu’il a conclu cette soirée riche en émotions et en surprises.

Mes trois chansons coups de cœur

La lumière

Ca va aller

C’est fini

Bilan

Denis Lévesque livre un spectacle à sa couleur, rempli d’authenticité et de simplicité.

Comment ne pas l’aimer!

Lyne LaRoche




Patrick Groulx (entrevue) - 02 avril 2019

Entrevue avec Patrick Groulx

4e One man show ‘’ Groulx’’

 Du 100% Groulx

Comme je vous le dit souvent, il y a des gens avec qui c’est toujours un pur bonheur de piquer une jasette et l’humoriste Patrick Groulx fait partie de ceux-ci. Deux années se sont écoulées depuis ma dernière entrevue avec lui. Aujourd’hui, j’ai eu la chance de piquer une jasette avec car il remonte sur scène le 11 avril prochain au Grand Théâtre de Québec pour présenter son nouveau spectacle ‘’Groulx’’. Voici mon entrevue avec un des gars les plus sympathiques que je connaisse.

Lyne : Allo Patrick, la dernière fois qu’on s’est parlé, c’était pour me parler de tes trois petits pas fins. Tu n’étais pas encore prêt à remonter sur scène, mais dis-moi si je me trompe, ça t’a redonné le goût, je pense!

Patrick : Oui, j’ai fait une mini tournée avec eux car je testais des numéros pour l’émission Dans ma tête. À cette époque, je m’étais dit que j’allais prendre 5 ans avant de sortir un nouveau spectacle.

Lyne : Parle-moi de ce 4è one man show, à quoi doit-on s’attendre?

Patrick : Je pense que c’est mon show préféré à date. Je m’amuse énormément. Tu sais j’ai eu 5 ans justement pour vivre des choses. Moi quand j’ai commencé à faire de la tournée j'avais 19 ans. Quand j’ai arrêté, il y a 5 ans, ça faisait quand même 20 ans que j’étais en tournée, dans les hôtels. Je n’avais pas de vie de famille. Tu le sais nous autres souvent nos shows sont présentés les fins de semaines. Des vies sociales ont en a pas beaucoup. Alors j’avais décidé de prendre une sabbatique pour me rapprocher de ma famille, des enfants, et aussi de réussir le plus possible mon rôle de père. Ça m’a fait du bien et je pense que je reviens plus fort à cause de ça. En 5 ans j’ai eu le temps d’en vivre des événements. Ça m’a permis aussi de penser à quel genre de show je voulais offrir au gens. Avec ce show-là, c’est comme si je m’étais déprogrammer, je voulais aller ailleurs, je voulais être créatif. Quelque fois, j’ai écrit des bouts de numéros le matin même et je les testais le soir, j’ai fait des lectures sur scène, il n’y a rien que je n’ai pas essayé. Faque je suis très fier de ce spectacle-là.

Lyne: Il a été bien rôdé, je pense que c'est plus de 65 rodages que tu as fait, tu voulais bien faire les choses.

Patrick: Oui, je ne voulais pas offrir n'importe quoi aux gens. 

Lyne : Parle-moi de tes collaborateurs

Patrick : Pierre Fiola et Francois Avard sont toujours là en fait depuis mon 3e show et il y a Julien Tapp qui s’est greffé à tous ce beau monde-là. C’est certain que je voulais un show qui parle de moi, de mes expériences, des événements que j’ai vécus et que j’ai vu mais je suis entouré de supers bons auteurs et j’adore collaborer avec eux. Des fois j’ai l’impression d’avoir fait le tour d’un numéro et eux autres, ils m’amènent ailleurs. Ils m’ouvrent d’autres portes, c’est vraiment le fun.

Lyne : Le fil conducteur de ton show est le bonheur. Peut-on dire qu’à 44 ans tu fais maintenant ce que tu veux et que tu es ou tu voulais être. En bref que tu es un homme heureux?

Patrick : Je dirais que oui, je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie. Je sais plus ou je m’en vais. J’aime mon rôle de père. Dans les quatre dernières années, je me suis séparé de la mère de mes enfants mais nous sommes encore très proche, on s’aime encore beaucoup, on fait encore des trucs en famille. J’ai la chance d’avoir une blonde que j’adore. Ma blonde a deux enfants avec qui je m’entend super bien et que j’aime beaucoup aussi, tu sais tout va bien. La vie est belle. Le fil conducteur du show, c’est parti de mon père. Quand j’ai eu 40 ans, je me souvenu de mon père quand lui a eu 40 ans, j’avais 16-17 ans à l’époque. Il m’avait dit qu’il n’avait jamais été aussi heureux, pis à 50-60 aussi c’était la même affaire. Alors je posais des questions autour de moi et je me demandais pourquoi qu’en vieillissant on est plus heureux mais que personne ne veut vieillir, j’essayais de comprendre. Aujourd’hui je l’ai trouvé c’est qu’en vieillissant on se fout de ce que les autres pensent de nous. Puis plus on apprend à se connaitre, plus on a envie de se faire plaisir, d’être heureux. Ça de l’air sérieux comme ça, mais c’est loin d’être sérieux. Dans le show je raconte les fois ou j’ai eu l’air fou, ou je me suis mis le pied dans la bouche, je me raconte et ça rit.

Lyne : J’ai regardé les critiques de ta première Montréalaise et les critiques sont supers bonnes, es-tu nerveux pour ta première à Québec le 11 avril prochain?

Patrick : Oui, j’ai eu de bonnes critiques, je suis vraiment content, Et oui, je suis toujours nerveux car je ne prends jamais rien pour acquis. Je veux toujours arriver prêt et solide afin d’offrir le meilleur spectacle possible. Ça n’a jamais été une cachette, Québec a toujours été un de mes coups de cœur professionnel. Dans mon jeune âge, je venais jouer ici au Dagobert, j’avais 20 ans j’étais dans un groupe d’humour. C’était le fun. Depuis c’est toujours un plaisir d’y revenir.

Lyne : Mis à part la longue tournée que tu vas faire, je sais que ton cerveau est toujours en constante ébullition as-tu toujours de nouveaux projets en tête?

Patrick : Oui, des fois je passe même des nuits blanches à penser. En ce moment nous sommes en attente à savoir si l’émission Maitre du chantier va revenir. J’ai une série web que j’ai fait pour Steamatic Canada qui m’avait demandé de faire des publicités pour la compagnie. Je leur ai dit que je voulais faire quelque chose de plus élaboré plus artistique avec des sketchs drôles et je voulais écrire des punchs. J’invite les gens à aller voir sur ma page Facebook pour voir à quoi ça ressemble. Les gens donnent leurs commentaires et on est super content. Ça vient tout juste de sortir cette semaine. J’ai toujours pleins de projets en tête mais ma priorité pour le moment, c’est la tournée.

Lyne : Là c’est le temps du pitch de vente, dis aux gens pourquoi il devrait aller voir Groulx?

Patrick : Parce que je ne sais pas combien de temps je vais être là, il y a la relève qui nous pousse. Le milieu change tout évolue. Parce qu’aussi j’ai travaillé très fort pour livrer un bon show et j’en suis fier. Je ne suis pas vraiment bon pour me vendre, mais je pense que c’est le meilleur de ma carrière.

Lyne : Pat, c’est toujours un grand plaisir de piquer une jasette avec toi, saches que tu es un de mes humoristes préférés et que j’ai bien hâte d’assister à ton soir de première le 11 avril prochain.

Patrick Groulx présentera son 4e one man show  Groulx le 11 avril prochain au Grand Théâtre de Québec et en supplémentaire le 22 octobre

Il reste encore quelques billets

www.grandtheatre.qc.ca

Il sera aussi au Centre d'Art la Chapelle le 16 mai et le 8 septembre 

www.centredartlachapelle.com

Pour connaitre toutes les dates de la tournée

www.patrickgroulx.com

Visitez aussi sa page facebook

https://www.facebook.com/PatrickGroulxHumoriste/

Lyne LaRoche